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Je dérobe aux instants, rares, d'une conscience,
La part de l'illusoire qui me rendrait vivant
Et je veux, en déni ou raison d'existence,
Qu'il demeure à jamais mon île sous le vent.
Je pille, maladroit, d'un cœur qui persévère
Quelque rêve à vau-l'eau, égaré d'une enfance,
Et j'espère du soir, un sommeil qui libère,
Pour faire de mes nuits le plein d'insouciance.
Je butine, à l'envi, pour que l'âme me vienne,
Qu'elle sache me chérir, ou seulement le dire,
Pour effacer l'intime d'une peur trop ancienne,
A l'effluve pareil à celui que j'expire.
Je détourne le sens de mes gestes épars,
Qu'ils soient dans mes pensées ou mes désirs frustrés
Et j'en ferai une œuvre, à vivre sur le tard,
Aux heures préservées de mes ternes années.
Je friponne à tout-va, pour déjà m'oublier,
Vieillissant de dépit d'avoir grillé le temps,
Sur l'autel d'une vie, je ne peux que prier,
En mémoire affectée de l'inertie des ans…
…Mais j'en sais, d'évidence, que nul dieu ne m'attend…
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