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Je me souviens
oh oui ! je me souviens
de l'église froide et nue
De leurs chaises alignées
Et de leur nom gravé
et nous,
nous
sur les bancs
juste derrière
Je me souviens
oh oui ! je me souviens
de leurs airs de bonté
leurs paroles amères
leurs regards assassins
à crucifier les enfants
qui récitaient l'amour
comme un conte appris
et auraient pû y croire
Je me souviens
oh oui ! je me souviens
de leurs doigts maigres
qui me montraient
comme la fille de son père
de celui là, qui
de celui là, quoi ...
derrière leur petit rideau
et leur bégonia pas un vrai
cà survit mieux au temps
Je me souviens
oh oui ! je me souviens
de mes jeans troués
et moi ! moi , devant
leur fenêtre
à les fixer
sans jamais bouger
plantée au milieu du décor
Je me souviens
oh oui! je me souviens
de leurs rires
grincants quand j osais
rêver à autre chose
qu à leur belle et grande usine
Ah mais savez vous
qu il ne faut pas rêver
Quand on est ouvrier
N'est ce pas, faut pas l'oublier!
Je me souviens
oh oui! je me souviens
Je vivais
pores ouvertes
devant leurs portes
fermées
souviens t'en
c'etait au temps
du temps de l'enfance
On avait pas le même langage
Les fenêtres sont les mêmes
Elles ?
elles sont au cimetière
et moi, je suis vivante
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