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En Beauce
Petite parisienne, com’ j’étais pâlotte,
Les grandes vacances me voyaient arriver
Chez des fermiers: mon oncle et ma tante Charlotte,
En plein coeur de la Beauce, noyée dans les blés.
Souvenirs d'été, et d'espaces infinis,
Toit de ciel pommelé,sur champ de vagues blondes
Où la brise sillonne un océan d'épis.
Mes yeux d'enfant étonnés sur un autre monde.
La ferme alors devenait une fourmilière.
Et dès le point du jour bruissait de mille bruits.
Les gais moissonneurs les bavardes saisonnières, ,
Enfants grands et petits , déjeunaient d'appétit.
En la compagnie des cousines et des cousins,
A midi j'allais chargée d’un panier d’osier
Aux moissonneurs apporter le pain et le vin,
Ecorchant mes pieds nus dans le chaume acérés .
Si soudain l’horizon se revêtait de sombre.
Les paysans s’activaient, redoublaient d'ardeur.
Alertes, les lieuses bottelaient jusqu'au l'ombre
Appréhendaient la pluie, joues rouges de labeur
Sur la haute charrette, hérissée de fourches
Moi, la plus petite j’étais, hissée tout en haut.
En rêve je traversais, , un désert farouche
J’étais Princesse des sables à dos de chameau.
La moisson terminée commençait, les ripailles.
On riait et on chantait, chacun a son tour.
Les garçons, les filles, couchés sur la paille,
Dans le foin engrangeaient une moisson d'amour..
Anita
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