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La mort du goéland
Il est là , effondré, les ailes allongées.
Imprime sur la dune ses palmes rongées.
N'ayant plus la force de partir dans le vent.
Sans espoir, il attend, dans un calme émouvant.
Il a cherché abri où la grotte est orfèvre
Et dans le creux d'un rocher piqué de genièvre.
Le goéland frileux dans le jour qui décline,
Hérisse son duvet en blanche capeline.
Pendant des jours et des nuits traçant son sillage
A la vague océane insouciant volage,
Léger il signait le ciel, dominait les brises.
En grand seigneur il survolait les lames grises…
Il a vu dans son vol les rayons des tropiques,
La chevauchée liquide en vagues colériques.
Il a plongé brutal en des folles voltiges
Eperdu et joyeux sans le moindre vertige.
Les vents des alizés en supportant ses ailes
L'ont fait dériver vers un ilet immortel
Il a vu sombrer au ventre des précipices
D'élégants voiliers glisser aux fonds des abysses.
Un goéland qui se meurt ignore la cage
Dans un sursaut final il se hisse aux nuages.
Son ombre profilée au bleu de l'océan,
Laisse au sable fin un peu de son duvet blanc.
Anita
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