|

De peines en peines, le venin s’injecte au plus profond de nous. De déceptions en déceptions, ce poison invisible amenuise nos liens sociaux, nous affectant davantage à l’autel de l’exil. Se répéter sans cesse « moi » et « les autres » pour éviter d’avoir à dire « nous ».
Que pouvons-nous souhaiter voir lorsque la haine et la rancœur sont plus fortes que l’amour et la tolérance ?
Que pouvons-nous espérer vivre lorsque nos attraits sont sans cesse trainés dans les orties ?
Que pouvons-nous y faire ? Semblant de se montrer ouvert ? Inutile d’avoir Dieu sous sa peau lorsque le Diable nous ronge les os… L’édifice ne peut s’ériger sans fondations. Ainsi nous voici fissuré de cicatrices béantes dont les sutures tentent de dissimuler en vain nos tortures de silence.
A la dérive, notre naufrageuse sympathie sombre tel un navire échoué sur les cotes de la solitude. Tel le nouveau monde, ce froid refuge nous semble pur, immaculé… Il nous tend les bras comme une amie, et nous attache comme une amante.
La dévorante réalité muant en futiles cauchemars, et nos illusions les plus empruntées évoluant vers le réel, notre nouvelle existence : Un univers artificiel façonné de peurs où la lâcheté nous inculque son lyrisme tel un pays son hymne :
“I open the road, i close the door, but I’m sick of life, i was the door”
Non je n’ouvrirai pas la porte, ici je me sens aimé, ici je me sens protégé, ici je suis peut-être seul à porter ma croix, mais ici je suis mon propre roi.
S.R
|