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J’aime marcher dans la lumière rase ,
Celle du matin , du bal des LAZE .
Les poussières volent sur le chemin
Immobiles presque , comme un refrain .
Les jaunes rayonnent de santé
Sur le bleu roi de l’asphalte ,
Sur les roches blanches de basalte ,
Le long des creux et des montées .
Je croise sans cesse des inconnues
Qui sourient parfois à ma vue .
Elles sont jeunes et parfois moins .
Le regard clair posé sur leurs mains .
Les yeux sont bleus ou noirs ,
Perdus , sans chercher l’espoir .
Les pas résonnent dans le silence
C’est ainsi qu’ils dansent .
Même les chiens baissent leurs queues
Comme les têtes des autres gueux.
Quelques fleurs oranges rescapées
Tentent bien les bords escarpés .
J’entends le bruit de tous les cœurs :
Ceux qui tapent brisés de peur ,
Ceux qui peinent de sueur ,
Ceux qui fuient le long malheur .
Il est doux et bien amer
Ce printemps des prolétaires
Marchant le chemin les yeux baissés
Pour ne pas voir les aubes levées.
Certains ,je le sais, voient les sentiers
Qui fuient la route déjà tracée
Pour les matins de soleil buissonnier
Le parfum des temps de liberté .
Et moi je poursuis mes chimères
Sans croire en rien , sans repère .
Je m’en vais vers l’échafaud
Sans dire rien , sans un mot .
Je suis du petit peuple du matin
Celui des humbles , des gens de rien .
J’ai pourtant dans le cœur rouge
Des perles de fruits qui bougent .
C’est un matin bien ordinaire
Il flotte des fleurs dans le vent
Je prends l’école buissonnière
Je prends , je prends le temps .
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