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D’un coup , le ciel devient gris
D’un gris bas et poisseux
Il vient rappeler aux gens heureux
Que le soleil a son prix.
Puis le brouillard descend
Sur les parasols géants .
Se lève la brume de mer ,
Vapeur chaude et délétère .
La plage se déserte soudain .
Les serviettes s’envolent au loin .
Pour laisser aux blancs oiseaux
L’infini des ondes , du clapot .
Quelques-uns s’attardent bien
A la rumeur du va et vient
Ils regardent l’océan .
Ils fixent dans le néant .
Les regards voient sans voir
A la recherche d’espoir .
Une fille aux cheveux blonds
Marche pieds nus tout le long .
Le sable prend la couleur du papier ,
j’en viens à écrire des déliés ,
Des courbes que déchirent la brume ,
Parfums de sel et d’amertume .
Elle a un regard transparent
Celui des anges et des amants .
D’un gris qui regrette le bleu ,
Le cri des gens heureux .
Et moi je donne mon sang
Flots rouge qui se répand .
Gouttes de vie dans le désert
Elle regarde sans en avoir l’air .
Elle danse la brume et ses volutes
Pour me voler de ses lèvres brutes .
Elle a le goût du bonheur
Qu’elle aspire sans frayeur .
Comme un dormeur exsangue ,
Sur une plage nue et bizarre ,
Elle boit une liqueur de mangue
Je vais être en retard .
Je m’endors même un instant
Bercé par le son de l’océan
Elle me chante alors ritournelles
Diable , comme elle est belle !
Le sel me lèche les yeux
Je vois des mouettes ,des macareux
Sous les ailes des géants
Frémis le son des goélands .
Pendant que la fille reprend sa marche
Ils filent au dessus des arches .
Le soleil revient un instant
Je me réveille en pleurant .
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