|
Je me baladais en remontant du ROSMEUR
Par la rue OBSCURE dans un flot de chaleur .
Je chantonnais silencieusement un petit air
Une valse lente avec le parfum des éclairs .
En bas , le bagad jouait aussi
Des plinns, des airs d’ici .
Il faisait chaud sur les trottoirs .
La bière coulait des abreuvoirs .
Soudain il m’a fallu respirer un coup
C’était l’orage qui me touchait le cou
Je dansais dans le crépitement des ondes
Avec les passantes , les jolies blondes .
Sans mesure, je sautais en étrangeté
Je buvais la vie en pas sautés .
Je ne reconnaissais personne dans les lieux
Ni hommes ni femmes ni les dieux .
Ils parlaient tous des langues inconnues
Douces et saline , des mots de bienvenue .
Des fleurs parsemaient leurs chapeaux
Couleurs jaunes et rouges , c’est beau .
Je goûtais à pleine bouche l‘étrange
Que le diable emporte qui me dérange !
J’ai vu passer la belle DAHUT .
D’Ys elle remontait le rue .
Elle avait au bras un étrange trouvère
Un jeune homme blond au cœur de pierre .
Sur son passage les belles chantaient une complainte
L’histoire des flots , un chant de plaintes.
Je pleurais aussi en passant rue des oiseaux
Je cherchais la peinture de la dame en sabots .
Elle a dû être vendu
A un sinistre parvenu .
Je ne sentais plus mes mains
J’avais peur du lendemain .
D’un réveil absurde dans le fossé
Du temps des passants et du passé .
Je rêvais encore l’étrange mélodie
D’un soir d’été , d’un soir , pardi ,
Je respirais encore la route jolie
Avec les larmes de la mélancolie .
|