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La mer s'en est allée, emportant ses troupeaux
Et le vent l'a suivie aux eaux du Nouveau Monde.
Le jour, au ciel frileux, a tiré ses rideaux
Et le vent pour ce soir a suspendu sa ronde.
Le temps s'est figé là. Là, s'arrête la terre;
Et la rive est déserte où l'espoir a failli.
Le soleil s'est noyé dans son vieux baptistère.
L'ombre s'est installée en épousant la nuit.
On dirait que l'attente a planté le décor,
Entre le ciel et l'eau, grèves et promontoires.
La brume envahit tout ainsi qu'un noir fluor.
Le silence à son tour a perdu la mémoire.
Le vol d'un goëland en semble anachronique,
Qu'on dirait échappé d'un portulan jauni.
Mais le soir embrumé retrouve sa physique :
Dans chaque cri qui monte une âme de péri.
René
Dédié à Odette Robin qui est poète dans l'âme
Crozon 1995
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