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Martiniquais
Il n’y a pas de regard sans un sourire pour le faire briller,
Il n’y a pas de relation sans l’amour de cet autre pareil à lui,
Il n’y a pas de parole sans le cœur présent à fleur de lèvre< ;
Il n’y a que le temps donné et le temps reçu dans la joie de la rencontre,
Il n’y a que la parole donnée et la parole reçue dans la paix du présent,
Il n’y a que le geste offert et le signe reconnu dans la sérénité de l’autre.
La danse et la musique,
Le soleil et les fruits,
La folie des plantes,
La douceur de l’eau qui porte les corps,
Et qui emporte la fatigue et les soucis,
La chaleur et la saleté, la tristesse et l’ennui.
Y sont pour quelque chose.
Mais pas seulement,
La souffrance de l’esclavage,
L’humiliation de l’envahisseur,
La peur de l’ouvrier asservi,
Y ont leur part.
Mais pas seulement,
Le mélange des races,
Le tricotage des genres,
La rencontre des couleurs,
Le dialogue des langues,
L’invention d’une peau nouvelle,
D’un dialecte nouveau,
D’une culture nouvelle,
La terre du métissage,
Fruit d’un long apprentissage
Ont produit ce fruit merveilleux
De l’Homme émerveillé.
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