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Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Moi

 

François FABIE

le dimanche 17 juillet 2011, à 09:35. Posté par hello (auteur : François Fabié)


    Pour rester dans le chapitre des poètes rustiques: un poète qui n'est plus dans le petit larousse.

    Je n'ai pas résisté à rappeler son plus illustre poème les genêts (nous l'apprenions en récitation) dans la belle école primaire d'autrefois.
    Même si cette pési-là ennuie: la langue est pure et les images claires.

    François Fabié, né au Moulin de Roupeyrac à Durenque (Aveyron) le 3 novembre 1846 et mort le 18 juillet 1928 à La Valette-du-Var (Var), est un poète régionaliste français.
    Le Moulin de Roupeyrac, sa maison natale, est aujourd'hui un musée consacré à sa vie et à son oeuvre.


    Ma maison

    Face au midi, bien adossée
    A l'ancien étang féodal
    Dont elle épaule la chaussée,
    Elle fut le moulin banal

    Où deux ou trois pauvres villages
    Et quelques petits mas perdus,
    Avec leurs maigres attelages
    Plusieurs siècles sont descendus

    Moudre, au tic tac vieillot et grêle
    D'un mécanisme trébuchant,
    Tout ce que la dîme ou la grêle
    Laissaient de seigle sur leur champ...

    Mais lorsque le soc populaire
    Démantela le vieux château,
    Et que, sous un flot de colère,
    Son granit roula du coteau,

    Mon aïeul, - un Jacques Bonhomme
    Très longtemps meunier chez autrui, -
    Ayant été très économe,
    Put devenir meunier chez lui.

    Il acheta l'humble ruine,
    Prit la truelle du maçon,
    Et fit un moulin à farine
    De l'antique moulin de son,

    Exhaussa le tout d'un étage
    Large, aéré, plein de soleil,
    D'où l'on entend le caquetage
    De la trémie à son réveil ;

    Puis crânement, sur la toiture,
    Comme un noble arbore un blason,
    D'une meule en miniature
    Il girouetta sa maison.

    Il planta - car celui qui plante
    A foi vraiment en l'avenir -
    Des arbres à croissance lente
    Qui font durer le souvenir,

    Et qui, maintenant séculaires,
    Sur le vieux toit coubés du vent,
    Parlent à voix hautes et claires
    De l'ancêtre en eux survivant...

    Il prit femme ; et ma bonne aïeule
    Se mit a l'oeuvre sans façons,
    Berçant au refrain de sa meule
    Trois filles et quatre garçons

    Qui remplirent de cris, de joies,
    De luttes et de jeux sans fin
    La maison, le pâtis aux oies
    Et tous les halliers du ravin,

    Puis si vaillamment essaimèrent
    Et si gaîment, quoique pieds nus,
    Que des vieillards qui les aimèrent
    Sont fiers de les avoir connus...

    C'est là ma maison paternelle,
    C'est là le nid qui m'a bercé :
    Que ne puis-je y ployer mon aile
    Et n'y vivre que du passé ?

    Les genêts

    Les genêts, doucement balancés par la brise,
    Sur les vastes plateaux font une boule d'or ;
    Et tandis que le pâtre à leur ombre s'endort,
    Son troupeau va broutant cette fleur qui le grise ;

    Cette fleur qui le fait rêver d'amour, le soir,
    Quand il roule du haut des monts vers les étables,
    Et qu'il croise en chemin les grands boeufs vénérables
    Dont les doux beuglements appellent l'abreuvoir ;

    cette fleur toute d'or, de lumière et de soie,
    En papillons posée au bout des brins menus,
    Et dont les lourds parfums semblent être venus
    De la plage lointaine où le soleil se noie...

    Certes, j'aime les prés où chantent les grillons,
    Et la vigne pendue aux flancs de la colline,
    Et les champs de bleuets sur qui le blé s'incline,
    Comme sur des yeux bleus tombent des cheveux blonds.

    Mais je préfère aux prés fleuris, aux grasses plaines,
    Aux coteaux où la vigne étend ses pampres verts,
    Les sauvages sommets de genêts recouverts,
    Qui font au vent d'été de si fauves haleines.


    Savoir vieillir


    Vieillir, se l'avouer à soi-même et le dire,
    Tout haut, non pas pour voir protester les amis,
    Mais pour y conformer ses goûts et s'interdire
    Ce que la veille encore on se croyait permis.

    Avec sincérité, dès que l'aube se lève,
    Se bien persuader qu'on est plus vieux d'un jour.
    À chaque cheveu blanc se séparer d'un rêve
    Et lui dire tout bas un adieu sans retour.

    Aux appétits grossiers, imposer d'âpres jeûnes,
    Et nourrir son esprit d'un solide savoir ;
    Devenir bon, devenir doux, aimer les jeunes
    Comme on aima les fleurs, comme on aima l'espoir.

    Se résigner à vivre un peu sur le rivage,
    Tandis qu'ils vogueront sur les flots hasardeux,
    Craindre d'être importun, sans devenir sauvage,
    Se laisser ignorer tout en restant près d'eux.

    Vaquer sans bruit aux soins que tout départ réclame,
    Prier et faire un peu de bien autour de soi,
    Sans négliger son corps, parer surtout son âme,
    Chauffant l'un aux tisons, l'autre à l'antique foi,

    Puis un jour s'en aller, sans trop causer d'alarmes,
    Discrètement mourir, un peu comme on s'endort,
    Pour que les tout petits ne versent pas de larmes
    Et qu'ils ne sachent pas ce que c'est que la mort.

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commentaires ( 12 ) (Ajouter un commentaire)
larose le dimanche 17 juillet 2011, à 12:29
Bonjour hello!!! Un très bel hommage à un homme, un grand poète qui est gravé dans les coeurs!! belle journée à toi
amitiés

hel le dimanche 17 juillet 2011, à 18:44
merci.
A toi également

rivaudais le lundi 18 juillet 2011, à 23:45
----"Et les champs de bluets sur qui le blé s'incline,
comme sur des yeux bleus tombent des cheveux blonds."... Ces deux vers m'étaient restés en mémoire. Preuve qu'ils m'avaient marqué Peut-être une petite écolière blonde de l'école des filles ?.. . Oubliée, comme le reste du poème que j'ai entendu je ne sais où mais que je n'ai pas appris à l'école (ni primaire ni secondaire, çà c'est sûr !) Le classissime du poète est sûr et pur, les sentiments sont élevés et les intentions nobles. Il ne mérite pas d'être oublié même s'il n'est pas un grand de la littérature française. Mais je crois que je vais apprendre "Les genêts" pour les réciter à l'occasion.
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De cette récitation en primaire, il ne m'était resté que le mot de Genêts, quel plaisir de la retrouver ici, le progrès est aussi précieux que les Genêts, merci à mon poëte qui m'a fait vibrer à mes douze ans de ce romantisme absolu.

rina le mardi 17 janvier 2012, à 16:08
De cette récitation en primaire, il ne m'était resté que le mot de Genêts, quel plaisir de la retrouver ici, le progrès est aussi précieux que les Genêts, merci à mon poëte qui m'a fait vibrer à mes douze ans de ce romantisme absolu.

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magnifique récitation apprise en primaire et dont je me rappelle encore . j' ai 83 ans

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