|
Si ton père était un prince adulé et fier,
Descendant d'une longue lignée de grands rois,
Possédant des royaumes, des châteaux, des serfs
Aussi loin que le regard se détend, se déploie,
Si ta mère était la fille d'un grand sultan,
Vivant dans un palais de marbre et de délices,
Dans une tour en or et à l'abri du Temps,
Se mirant dans son bain comme le fit Narcisse,
Tu serais princesse, belle comme un soleil,
Vivant seule et triste dans une tour d'ivoire,
Étouffée par ton sang royal sans pareil,
Avec pour seuls amis un livre et un miroir.
Mais, Dieu merci, tu n'as rien de tout cela,
Ni royaume, ni château, ni tours étouffantes,
Ni baisemains, ni courbettes, ni tralala,
Ces lois obscures qui régissent les infantes.
Ton royaume, la Terre, n'a point de frontières,
Ton miroir, le Soleil, ne se brise jamais,
De tes parents, braves gens, tu peux être fière,
Ils t'ont bien élevée et beaucoup aimée.
Tu n'es pas princesse par ton sang, mais de cœur,
Ce rang plein d'honneur, tu ne l'as pas hérité,
Recevoir ce grand legs n'a aucune valeur:
Le titre de Princesse, tu l'as mérité!
|