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Maurice Rollinat
Pour les nostalgiques de la poésie naïve qui n'a pas appris : LA BICHE!
C'est à Châteauroux, le 29 décembre 1846, qu'est né Maurice Rollinat. C'est un homme fragile, déprimé et désabusé qui décide en 1883 de se réfugier à Fresselines, petit village du nord de la Creuse, avec sa nouvelle compagne Cécile de Gournay.
C'est à l'automne 1883 que Maurice Rollinat arrive à Fresselines avec sa compagne Cécile de Gournay.
Il loue d'abord une maison à Puyguillon, au meunier Auxiette.
Longues promenades, observation de la nature, séances de pêche à la ligne, lui font retrouver un peu de sérénité, et lui apportent l'inspiration pour de nombreuses œuvres.
Maurice Rollinat écrit ses poèmes et compose des musiques, sur ses propres poèmes ou ceux de Baudelaire.Malgré une santé déclinante, Maurice Rollinat restera à Fresselines t jusqu'à sa mort, en 1903.
Maurice Rollinat
Le cimetière
Le cimetière aux violettes
Embaume tous les alentours.
Les lézards y font mille tours
Au parfum de ses cassolettes.
Que de libellules follettes
Y sont vaines de leurs atours !
Le cimetière aux violettes
Embaume tous les alentours.
Et, champ de morts, nid de squelettes
Qui trompe le flair des vautours,
Il dort au bas des vieilles tours,
Entre ses roches maigrelettes,
Le cimetière aux violettes.
La jarretière
Cette vipère de buisson
D'une grosseur surnaturelle
Jarretiérait la pastourelle
Qui dormait, un jour de moisson.
Au froid de ce vivant glaçon,
Elle ouvrit l'oeil et vit sur elle
Cette vipère de buisson
D'une grosseur surnaturelle.
Comment oublier la façon
Dont la mignonne enfant si frêle,
Pâle, du bout de mon ombrelle,
Désenroula sans un frisson
Cette vipère de buisson !
La chair
La chair de femme sèche ou grasse
Est le fruit de la volupté
Tour à tour vert, mûr et gâté
Que le désir cueille ou ramasse.
Mystérieuse dans sa grâce,
Exquise dans son âcreté,
La chair de femme sèche ou grasse
Est le fruit de la volupté.
Pas un seul homme ne s'en lasse.
Chacun avec avidité
Y mordrait pour l'éternité.
Et pourtant, c'est un feu qui passe,
La chair de femme sèche ou grasse.
Le fou
Je rêve un pays rouge et suant le carnage,
Hérissé d'arbres verts en forme d'éteignoir,
Des calvaires autour, et dans le voisinage
Un étang où pivote un horrible entonnoir.
Farouche et raffolant des donjons moyen âge,
J'irais m'ensevelir au fond d'un vieux manoir :
Comme je humerais le mystère qui nage
Entre de vastes murs tendus de velours noir !
Pour jardin, je voudrais deux ou trois cimetières
Où je pourrais tout seul rôder des nuits entières ;
Je m'y promènerais lugubre et triomphant,
Escorté de lézards gros comme ceux du Tigre.
- Oh ! fumer l'opium dans un crâne d'enfant,
Les pieds nonchalamment appuyés sur un tigre.
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