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Je veux partir très loin, au-delà des possibles,
Vers d’étranges forêts, aux senteurs indicibles,
Où les chênes anciens aux corps asymétriques,
Chantent, en silence, leurs antiques cantiques.
Je veux bien caresser doucement leur écorce,
Sentir battre et couler leur sève en toute force,
Me frotter à leur tronc comme un fougueux amant,
Accompagné des loups, écouter leur tourment.
Et quand viendra la nuit, ténébreuse et magique,
Je m’en irai dormir sur la mousse fongique,
Les hurlements des loups s’uniront au murmure
Lancinant et rampant de la vierge nature.
Sur mon corps s’étendra un lacis végétal,
Délicat vert-de-gris au parfum de santal,
Mon esprit indolent, s’élèvera, tranquille,
Pour rejoindre, serein, le puissant chant viril.
In "Poésie en Vrac" - Editions Amalthée - Copyright 2011
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