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Il faut du temps à l’homme
Beaucoup de temps
Pour savoir saisir une fleur sans la briser
Toucher la biche blessée sans qu’elle s’en inquiète
Et caresser un clavier comme on pleure
Il faut du temps
Pour être le flocon de neige
Qui s’éprend du rameau sans même lui peser
C’est qu’on détruit sans le vouloir
On défait sans y penser
A chaque pas chaque instant
Quelqu’un se plaint
Dans un ciel d’encre de Chine
Des corbeaux crient la fin du jour
Il manque à ce décor un peu d’humanité
Ou bien l’idée d’une matière
Encore à inventer
L’évidence du diamant
L’enthousiasme du nuage
Et l’élégance du peuplier
Rhodes, 9 août 2011
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