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Accueille et ne nie pas.
……Il vient l’ensablement des Jours, il est toujours déjà venu, du plus loin
Que le Loin, du plus loin que les Jours, âme impatiente et lourde, accueille
Et ne nie pas l’enlisement, l’attente, le sablier d’oubli ni le linge rigide qui
Couvre les Visages au décours des années ni le dessèchement de l’Âge ni
Les Corps affaissés ni les Voix assourdies, l’Elan, l’Agir raidis ni l’usure
Des plaisirs….
Accueille et ne nie pas la puissance inlassable, le Vide de la Loi, le mur
Gravé de signes inconnus, le fatum du Vivant, Ô memento mori, la falaise
De bronze et le rideau de marbre, interstices d’offrandes et de vivace et de
Semi-lumière, l’œuvre de Vie permise et confisquée, les dons et les refus,
Forces et Contre-Forces, la Lutte et l’Agonie, le pied boiteux et le sublime
Obstacle qu’est le Désir…..
Chaque jour qui se lève, célèbre, oblige la tresse de sa nuit, le cortège des
Heures, l’Effort, le Vulnérable, la blessure des Autres et les Fissures,
Chaque jour son effectuation, son clair-obscur et la Fatigue, chaque jour
Son exténuation, l’inextricable des Imperceptibles, l’opacité, le Faciès du
Hasard, le cèlement, l’outrage, la danse d’Insolite, accueille et ne nie pas
La moisissure des choses et ses figures étranges…..
Nul ne réveillera du Révolu la cendre éteinte et sèche, la Minéralité osseuse
De la Chair, âme impatiente et lourde, figée dans le Réel et sa mouvance,
Accueille et ne nie pas les dons semés et les possibles, leur amenuisement,
Ni la Vie chatoyante, l’Efflorescence et la Saveur des Choses ni le bouquet
Des Jours, Ô Être de quelques Saisons, ronciers, talus, lisières et les plaines
Riantes, les collines amicales et jusqu’au dernier souffle, s’il est possible,
Dans la Sollicitude et le Courage, deviens meilleur…..
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