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Rêver l’instant de gloire d'un destin sans fêlures,
Ignorant aux émois de mes jeunes années
Que les douleurs futures qui forgent une armure
Nourrissent le terreau ou germent les pensées.
Penser pour espérer garder le goût des rêves,
En mes espaces clos, je sens monter la sève,
Mêlant gestes et mots en divine harmonie,
Romance d’un dessein que je veux accompli.
Accomplir des voyages au gré de mes pensées,
Eviter le chaos des conflits, des idées,
Qui sont, à notre insu, l’évidence du pire,
Car si l’on vit d’agir, l’on se plait de détruire.
Détruire, pour autant, permet que s’accomplisse
En souffrance éperdue ou coupable délice,
Rites et sacrifices, exhumant de ma vie
Ces drames inconnus qu’il faudra que j’oublie.
Oublier qu’il n’est rien qui, pourtant, ne détruise
Les frêles édifices, en mon cœur, ouvragés,
Il n’est que de me dire « je pourrai, à ma guise,
De retour en mon âme, à jamais, y songer ».
Songer que je suis vieux, égaré dans l’oubli
De mes pensées d’antan, pour je ne sais quel rêve,
Mais garder en mémoire de ces années trop brèves
Que nul ne peut détruire ce qui nous accomplit…
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