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Chant I
Logiquement, il aurait fallut l'ignorer,
Anathème ronflant sous les préjugés ;
Une obscure histoire de fantômes,
Revenants et autres esprits.
Et cependant nous avons joué le jeu,
Nourrissant de nos peurs la perverse anaphrase
Et y laissant finalement les reliefs de nos âmes.
Chant II
Fatalité qui nous ronge et nous tient,
Refusant de lâcher nos cadavres
Alors même que la vie s'échappe de nos corps.
Nos esprits hallucinés n'ont de cesse de voir,
Crier à l'envie les tourments qui attendent
En silence les pauvres perdus de ce monde.
Chant III
"Dommage", ricane le Père,
Ombre chinoise sur les murs de nos tombes,
"Mourir n'est pas si désagréable,
Il suffit de savoir s'y prendre.
Tuer en revanche vous assiège
Indéfiniment, ronge votre âme,
La laissant vide et sans substance,
Lui subtilisant ses saveurs
Et vous la rendant sans couleurs".
Chant IV
Jurant sur leur éternité de souffrances,
Enfants et parents regrettent,
Appelant la pitié de leurs pères,
Nos aïeux décatis, rongés pas les vers.
Louanges à vous, pauvres fous !
Ô savants éternels mais repris par le temps ;
Une fois morts il est trop tard,
Inutile de geindre maintenant,
Suppliez plutôt vainement les démons qui attendent.
Chant V
Las, ce sont nos pas dans le sable,
Absents de nos futurs
Eternellement oubliés,
Tant de fois pourtant espérés.
Il y a tant à faire, mais nous ne ferons jamais ;
Tellement à aimer, tellement à rêver,
Inhumaine déchéance qui suit nos trépas.
Attendez ! Me voilà.
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