|
Dés lors que l'on s'attarde à penser, d'aventure,
A ces temps indécis qui firent les mémoires
Ils se parent alors d'infamie ou de gloire
Au gré de nos désirs, anciens, qui se parjurent.
Dés lors que l'on se glisse, à la traîne d'un rêve,
Dans le lit des dénis d'un réel appauvri
Il se fait, d'avenir, aux heures en sursis
Un destin sans envol que l'inertie achève.
Dés lors que s'y dévoile un joyau oublié,
Ouvragé, de hasard, par des gestes secrets,
Il n'est plus de fierté pour son éclat discret
Qui ne soit vanité, en nos cœurs, déployée.
Dés lors que l'on succombe aux inutiles choses
Brassées dans une lie aux déchets séculaires
Et dont le cours s'évase en dessin d'estuaire,
Restera-t-il pourtant ce que l'âme dépose
Au reflux de nos vies qui se perdent en mer…?
|