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Marche
Trop de bruits sur trop de douleurs,
Trop de bavardages, de bravaches,
Trop de batifolages, de radotages.
Tunisiens libérés, hommage !
Libyens révoltés pris en otage !
Japonais ravagés tout courage !
Et l’Occident qui piaille,
Tire à la courte paille,
Hypocrite solidarité,
Pauvre chrétienté !
A la marche méditative, pas demain !
Aujourd’hui, dans le moment présent !
Dans le silence étonnant d’une main
Qui tient une autre main reposant,
Et du mouvement du pied caressant
La terre et doucement nous rappelant
Notre état d’êtres humains impermanents
Par cette marche, le maitre zen ravive
En chacun le désir sage que l’amour vive !
Et que, pour les martyrs de notre humanité, nous n’ayons pas la tentation
De les enterrer à coup de bulldozers, de brouhahas et de déclarations
En pensant juste éviter l’odeur acre du charnier ;
En faisant semblant de croire qu’on peut ignorer
Cette grande souffrance
Cette douleur immense
Dans l’agitation fébrile de la ville
Dans les réunions enchainées à la file !
Alors que c’est dans la méditation en paix,
Dans la silencieuse marche de paix,
Dans la découverte de la paix
De la marche,
Du bonheur de la marche,
De la fraicheur de la brise de la marche,
Dans l’embrasement de notre cœur qui bat,
Dans l’embrassement de notre terre par nos pieds,
Dans l’enlacement de nos mains qui se touchent,
Que nous sentons en nous Paix, bonheur, sécurité !
Que nous sentons alors que notre terre est sauvée !
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