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50 ans
Depuis un an, on lui dit qu’il a déjà cinquante ans
Depuis un an, il attend ce jour de sa mort d’enfant.
Est- il trop vieux ?
Est-il trop pieux ?
Trop con ?
Trop gros ?
Promis à l’impuissance ?
Déjà perdu à sa toute puissance
Trêve de rêve
Foin de groin.
Car il voit
Moins de loin
Plus de près.
Car il croit
Moins de loin
Plus de près.
Cierge de cire,
Ave Maria à dire,
Yeux clos comme au dernier soir !
Eux au plot comme au grand soir !
Le grand capital cochon,
Fait de petits « cachons »,
Sous la lumière des soupiraux
Cachots derrière les barreaux.
Cette révolution ratée.
Ces têtes de dératés
Qui courent après l’argent,
Qui bourrent les urnes,
Qui ourlent les burnes,
Qui roulent les gens,
Ces rats de déterrés,
Evolution arrêtée !
Et pourtant, il est comme un nouveau né,
Qui redécouvre le monde, qui renait,
Et signe pour un bail de cinquante ans !
Bon gré, mal gré, bon an, mal an !
Veuillez agréer, Madame, mes meilleures salutations :
Pas de brusque révolution, une douce évolution,
Tranquille dégradation.
Pas d’affolement !
Pas de raffolement !
L’Amour passion
N’est pas de raison,
Pas suffisamment,
Pas si puissamment.
Tranquille abrogation.
Les enfants sont là.
Ils marchent de ce pas,
Rappellent la vérité
D’un monde à moitié
Fou, embrigadés, las ?
Déjà sages ? Arme bas !
Et toi, le vieux, tu sais que tu as aussi contribué à façonner ce paysage nucléaire !
Et toi, le jeune, tu le sais, qu’il a saisi, même contrit, sa responsabilité pour cette terre !
Il a peur, le vieux, un peu vaguement, un peu sottement.
Tu as l’heur, le jeune, passionnément, aveuglément,
De faire taire tes angoisses et de te complaire de cet air, oxygène sur cette terre !
Après tout, as-tu le choix de porter ce poids, de supporter, anxiogène, cette ère ?
Il a perdu, pas encore, pas totalement, pas tout à fait !
Tu as encore ton dû, entièrement, tu n’as rien fait !
Il est perdu, pas encore, pas absolument, pas si sûr en fait !
Tu es dur, pas si tord, mais amicalement, pas sûr de ton fait !
Lui, fébrilement
Toi, facilement
Lui, fragile
Toi, d’argile
Tous deux habités par le souffle
Tous deux traversés par le souffre
Tous deux aspirés par l’Esprit
Celui qui rit
Celui qui cri
Dans toutes les langues, épris
De liberté
De vérité
Tous deux aspirants au répit
Mais se battent
Se carapatent
Tous deux respirant d’appétit
Pour la vie
Et youppie !
Merci mon cher ami, mon Dieu,
A la fin, je ne suis pas si vieux !
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