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Les gestes de toujours s'accordent en silence
Aux émois singuliers d'une jeunesse morte
Qu'un présent cahotant frappe de dissonances,
Dédiant la mémoire au deuil que l'on en porte.
Les gestes de toujours balisent la détresse
D'un incertain parcours aux ondes délétères
Et s'offrent aux désirs que les cœurs nous confessent,
Déposant, ça et là, leurs songes de naguère.
Les gestes de toujours nous laissent d'une quête
Vers ce qui nous libère ou ce qui nous altère
Deviner peu à peu les intimes requêtes
Qui viendraient, de hasard, en joindre les frontières.
Les gestes de toujours caracolent d’envies,
Forgeant, en trait d’union de nos incohérences
Protégées au couvert de sombres apathies,
L’invisible tracé d’une unique conscience.
Les gestes de toujours demeurent, à dessein,
Lestés du cours des heures et jours affligés
Avant que de germer et mûrir d'un destin
A jamais affecté aux rêves oubliés.
Les gestes de toujours filent au sablier,
Égrenant lentement nos vies en petits tas,
Et les choses éparses qu'on ne sait relier
Se perdent dans l'obscur ou s'égarent nos pas.
Les gestes de toujours se parent pour autant
Des ors d'un au-delà rayonnant d'existence,
Parfums des siècles clos, conjurant le néant,
En fragrances humaines que nul dieu ne dispense.
Constants ou d’éphémère, intenses ou diaphanes,
Ces gestes sont parfois d'un envol aussi clair
Que le noir est profond en abysse océane…
Mais l’horloge battante est semblable à la mer
Et la force de l’onde, sur la grève, se perd…
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