Collectif

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Mourir à Hier pour Libérer Demain (Erehwon)

le lundi 19 septembre 2011, à 18:18. Posté par COLLECTIF (auteur : Erehwon)





    Courage cœur lassé ! Chemine vers l’éveil,
    Assuré d'y trouver réconfort et vacance,
    Loin des vains aléas d'un déclin du soleil.
    Ne pense plus au temps gaspillé à l'errance,

    Repose ton ennui dans des mots attentifs
    Et chasse ces tracas pour des tourments fautifs.

    A ton état d'humain accorde un peu d'aisance.


    Laisse moi te conter comment, hors du commun,
    La vie a des aspects que vue, eh ! Dénature.
    Ce que piété apprend, parfois est importun,
    Lors qu'un mordant désir prend air de courbature.

    Les chemins, à l'envi, donnent tout à penser,
    Quand on les suit à l'œil que fin peut offenser.

    Sans vouloir ni savoir, se trouve la mesure.


    Deux moines d'un couvent, où le jardin nourrit
    Des hommes de vertu par la plèbe humiliée,
    S'en revenaient heureux, c'est bonheur qui sourit,
    Partageant le soleil à langue déliée.

    Rien ne semblait pouvoir troubler ou bien gêner
    Un tel duo serein en route pour dîner.

    L'idée d'un lendemain reposait, oubliée.


    L'esprit libre et le pas les menant sûrement,
    Ils vinrent à croiser, trait bleuté sous la nue,
    Un cours d'eau dont le gué souffrait d'affaissement.
    Le vent souffla sanglots et plainte soutenue.

    Au bord, tournant le dos, pleurait en gémissant
    Une femme éplorée en chagrin saisissant.

    A franchir l'eau sans gué elle n'était parvenue.


    Des deux hommes de Dieu, l'un était jeune et fort
    Et s'offrit dans l'instant pour aider la pauvrette.
    La hissant sans effort, il l'amena au port.
    Elle reprit son cours, remerciant pour dette.

    Le soleil pâlissant, le jour devenait soir,
    La paire de bénis se hâta vers l'espoir

    De la soupe de pois et d'une chaude assiette.


    Le temps passa un peu, l'aîné filait bon train
    Pendant que son cadet traînait un peu savate,
    Le geste contenu dans un regard d'airain.
    Le vieux, se retournant, vit un front écarlate.

    S' inquiétant à bon cœur, il s'enquit, diligent,
    De l'état de l'ami, croyant son cas urgent.

    Il l'était en effet, comme aveu qui se hâte.


    Son vœu de moinillon lui semble en noir péril
    Au souvenir pesant d'un sens qui déshonore.
    Evoquant rougissant un ressenti très vil,
    En doute pour sa foi, il se La remémore.

    Ce faix au féminin le fait vivre et mourir.
    Et l'autre, pieux moqueur, lui souffle en un soupir:

    "Elle n'est plus là, vois-tu? Et tu la portes encore!!"


    Erehwon
    http://www.mespoemes.net/sites/index.php?login=erehwon


<< Retour aux poèmes

 

commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
Azarus le lundi 19 septembre 2011, à 19:56
Une poésie toute en finesse qui montre les tourments de l'esprit comme une charge qu'on porte longtemps alors qu'on s'en ait délestée au plus tôt...
Un poème très réussi ... Bravo !

rivaudais le vendredi 23 septembre 2011, à 23:39
----Qu'ajouter au commentaire précédent.? Beaucoup de finesse en effet et belle maîtrise d'écriture.. Cette histoire écrite en prose n'aurait pas été désavouée par Alphone Daudet.
http://www.mespoemes.net/rivaudais

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet