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Les pas
Des pas pressés claquent par un matin d'hiver
Dans un air limpide et cassant comme du verre
Et puis voici des pas qu'on a cloutés de fer
D'inexorables pas qui marchent en cadence
Au rythme lancinant de leurs tambours de guerre
Vers un ordre nouveau, où tombe le silence
Et ces deux pas légers, brulants comme une flamme,
Courant vers le bonheur portés par l'espérance.
Sur un tapis de fleurs, deux pas mêlés qui dansent
Et ondulent lascifs au battements des âmes.
Et ce pas qui s'éloigne et l'autre pas figé
Qui couvre de rosée un pétale fané
Qui leur restait encor d'une gerbe de rose
Que le vent emporta par un matin morose.
Et puis ce pas qui traîne et racle sous le poids
De ce vieillard courbé de souvenirs trop noirs
Assailli par le doute, accroché à sa foi
Malgré le temps passé d'espoir en désespoir,
Ce pas qui voudrait fuir le reflet du miroir.
Enfin, tous ces pas lents, qui vont suivant pensifs,
Vers le gouffre sans fin d'une éternité sombre
Dans un univers gris où chuchotent des ombres,
Le sabot fatigué d'un percheron poussif
sc
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