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Se perdre sans mot-dire en rêves compassés,
Aux illusions feutrés, se disant libertaire,
Et traîner à jamais les regrets amassés
D'en avoir ignoré que l'âme était guerrière.
Se perdre à l'infini de choses trop intimes
Qui s'offrent à l'instant des choix qui nous importent,
Et, aux milles raisons d'avoir peur de l'abîme,
Sacrifier à dessein nos envies déjà mortes.
Se perdre à la criée d'un horizon fermé
Où l'on peut à loisir hurler ou psalmodier,
Et se savoir conscient des songes sublimés
Aux échecs programmés qui leurs sont associés.
Se perdre aux cycles lourds d'une arrière saison
Quand le cœur se dérobe aux désirs qu'il féconde,
Et vieillir d'une enfance, aux anciennes maisons
De nos pensées prodigues en courses vagabondes,
Et s'éloigner encore du temps des fenaisons…
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