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Billard et roman noir…
A contre-jour du rectangle vert
Sous la lumière sombre des luminaires
De minces silhouettes paraissent danser ;
Le dialogue des corps est feutré.
Un silence retenu prévient chaque frappe
Pour une réussite ou un point perdu dans la trappe.
Avec le bruit mat des procédés
Une bille contre une autre, murmure mâchonné.
Avec des trajectoires sans cesse nouvelles
C’est un monde idéal sous le regard d’une belle
Jeu d’adresse et de fraternité sans doute
Pour quelques monnaies laissées en route.
C’est un monde d’images d’hommes perdus
Dans des espaces où jouer était la seule issue.
La couleur de l’argent qui appartient au mal
Pour une arnaque du jeu et de l’art dans la salle.
C’est l’explosion des couleurs de l’argent
Dans l’abondance s’étale sur le tapis vert des truands
Où « Eddie Vite-Fait » prend la recette qu’on lui doit
Avant que l’inquisition ne lui brise les doigts.
Dans ce monde sans vergogne et sans soleil,
Où le billard à blouses n’avait pas son pareil
Mon billard à moi avec mes trois billes
Est sur mon tapis vert, un jeu bien tranquille.
Pas d’arnaque, mais la pratique par une science
Dans mon jardin secret où je carambole dans le silence.
Si la fumée des cigarettes remplace celle de l’encens
Dans nos cathédrales feutrées le niveau des conversations
Ne dépassent jamais celle des billes s’entrechoquant,
Pour des parcours ingénieux venus d’un autre temps.
Mais tous ces types, gourous des billes d’ivoire
Impriment aux billes des courses à ne rien voir.
C’est la gagne insolente pour ramasser les gains,
Avec le sourire triomphant qui force leur destin.
C’est le billard dans les polars
C’est dans la mythologie le billard du roman noir.
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