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par des mots d'autrefois (ronde de terza)

le mardi 01 novembre 2011, à 16:38. Posté par jc-blondel


    PAR DES MOTS D’AUTREFOIS

    MAITRE : PAR DES MOTS D’AUTREFOIS
    01 : A L’AUBE
    02 : SUR LE LAC
    03 : PLEIN D’IVRESSE
    04 : AU BOUT DES NUITS
    05 : LES SONNETS
    06 : L’AUTRE MELUSINE
    07 : UN UNIVERS
    08 : L’ALBATROS
    09 : LES PISTES EN TRAVERS
    10 : LA CHIMERE




    PAR DES MOTS D’AUTREFOIS

    A l’aube de ce jour que célébrait Hugo
    Sur le lac apaisé de l’ami Lamartine
    Plein d’ivresse un bateau fait naviguer Rimbaud.

    Musset au bout des nuits taillait sa grise mine
    Récitant dans le noir tous les sonnets d’Arvers
    Quand Verlaine rêvait d’une autre Mélusine.

    D’un loup, d’un cor, Vigny bâtit un univers
    Où plane l’albatros de Charles Baudelaire
    Quand Mallarmé courait les pistes en travers

    D’un monde ou De Nerval pourchassait la chimère.



    A L’AUBE


    A l’aube de ce jour que célébrait Hugo
    Les pages d’un roman comme feuilles d’automne
    Se gonflaient au vent fou d’un beau rêve indigo.

    Il entendait le chant du clocher qui résonne
    Pour calmer les effrois d’un nouvel Hernani
    Qui pleurait dans ses cris le temps qui l’abandonne.

    Il ouvrait quelquefois la porte à l’infini
    Sans laisser la saison installer la routine
    De printemps délestés du fardeau de l’ennui

    Sur le lac apaisé de l’ami Lamartine.


    SUR LE LAC

    Sur le lac apaisé de l’ami Lamartine
    Le vent a bousculé cet horizon noircit
    Pour offrir au soleil une lueur divine.

    En posant quelques vers sur un papier jauni
    Il inventait les mots d’une étrange musique
    Pour pleurer son amour à tout jamais parti.

    Sur ce bel océan le destin est tragique
    Ses restes de bonheur iront au fil de l’eau.
    Sur le lac du Bourget près de la vieille crique

    Plein d’ivresse un bateau fait naviguer Rimbaud.

    PLEIN D’IVRESSE

    Plein d’ivresse un bateau fait naviguer Rimbaud
    Sur le rivage bleu d’un monde symbolique
    Sans pleurer pour autant l’eau douce d’un ruisseau.

    Il cherchait les chemins de sa nouvelle Afrique
    Lui, le beau vagabond aux semelles de vent
    Qui chantait ce pays sans admettre réplique.

    Oubliant pour un temps le noir de son tourment
    Il conserve ses vers gardant l’humeur badine
    Quand il trouve une étoile au fond du firmament

    Musset au bout des nuits taillait sa grise mine.


    AU BOUT DES NUITS

    Musset au bout des nuits taillait sa grise mine
    Pour cacher la détresse à son espoir d’amant
    Quand sa muse parfois lui paraissait mutine.

    Pour charmer sans regret sa belle au bois dormant
    Il compose en secret des sizains des nouvelles
    Pour l’apaiser le soir, un peu comme une enfant.

    Il pourra simplement souffler sur les chandelles
    Pour éteindre l’ardeur de ce désir pervers
    Qui revenait froisser le blanc de ses dentelles

    Récitant dans le noir tous les sonnets d’Arvers.


    LES SONNETS

    Récitant dans le noir tous les sonnets d’Arvers
    Il voyait son regard faire des étincelles
    En s’ouvrant le portail de paradis divers.

    Il ose de ses doigts tirer sur les ficelles
    Pour découvrir enfin les mots d’une chanson
    Qui les fera danser ses chères demoiselles.

    Les rimes changeront le gris de la saison
    Pour donner ce doré qui parfois l’illumine
    Là-bas, sur le grand fil que trace l’horizon

    Quand Verlaine rêvait d’une autre Mélusine.


    L’AUTRE MELUSINE

    Quand Verlaine rêvait d’une autre Mélusine
    Tel un pauvre Gaspard errant sur le gazon
    Pour suivre le chemin qui mène à Colombine.

    Il était trop déçu par une trahison
    D’une femme qui fit par sa fausse promesse
    D’un rêve merveilleux une triste prison.

    D’un songe familier il fait une caresse
    Pour libérer l’émoi du fonds de ses enfers
    En offrant au bonheur une ode à la tendresse.

    D’un loup, d’un cor, Vigny bâtit un univers.


    UN UNIVERS

    D’un loup, d’un cor, Vigny bâtit un univers
    Pour construire un château pour sa brune déesse
    En lui chantant l’amour sans un mot de travers.

    Avec un esprit pur éperdu de tendresse
    Il cueillait tous les fruits même les défendus
    Savourant les nectars sans que rien ne le presse.

    L’averse du malheur par des malentendus
    L’emmène dans Paris, voyageur solitaire
    Dans le petit matin sur des sentiers perdus

    Où plane l’albatros de Charles Baudelaire.


    L’ALBATROS

    Où plane l’albatros de Charles Baudelaire
    Le ciel bleu s’est noircit de nimbus malvenus
    Pour gâcher le printemps d’un jeune téméraire.

    Avec les vents du nord les froids sont revenus
    En rhabillant déjà cette belle passante
    Qui cache ses appas sous un grand pardessus.

    Le soir, sans harmonie, une aubade déchante
    Prenant les fleurs du mal comme un conte à l’envers
    Pour s’égarer parfois sur la route lassante

    Quand Mallarmé courait les pistes en travers.


    LES PISTES EN TRAVERS

    Quand Mallarmé courait les pistes en travers
    Chantant milles regrets à sa muse dansante
    En tournant les feuillets d’un album à revers.

    Un hommage à l’azur, une image troublante
    Qui va s’évanouir aux vents de l’avenir
    Qui soufflent maintenant sur l’aube jaunissante.

    Ecrivant ses émois à l’encre du désir
    Il vivait son bonheur sans honte et sans mystère
    Sans jamais s’endormir doutant avec plaisir

    D’un monde où De Nerval pourchassait la chimère.


    LA CHIMERE

    D’un monde où De Nerval pourchassait la chimère
    Proclamant les sonnets qu’il savait nous servir
    Pour offrir à ses mots une douce lumière.

    Le coucher de soleil qui venait s’assoupir
    Libérait les esprits errant dans la campagne
    Recherchant dans le noir une âme à conquérir.

    L’enfance s’accrochait à son mat de cocagne
    Pour ne pas se noyer dans l’onde d’un ruisseau
    Qui dévalait parfois du haut de la montagne

    A l’aube de ce jour que célébrait Hugo.


    jc blondel

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