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Le Fracas De La Rue

le vendredi 04 novembre 2011, à 13:05. Posté par Loïc



Ça rappellera (peut-être) des souvenirs à une ou deux personnes... Ce poème
de 2003 est l'original d' "Un Instant De Silence" posté après lourdes retouches en 2010 sur Cellox. Cet original a trois quatrains de plus (4,5,6), est formulé très différemment (sauf la fin)... et contient d'innombrables erreurs de débutant, même pour du néo-classique...



LE FRACAS DE LA RUE


Le fracas de la rue s’accroche à nos volets ;
J’écrase le réveil à deux secondes près.
Le portable est coupé depuis vendredi soir :
Il sonne trop souvent… surtout dans le noir.

Les habitants des lits s’éveillent à l’aurore
Que chantent les livreurs de leur voix de ténor ;
Seule une tête brune ne s’alarme de rien,
Noyée dans l’oreiller frère siamois du mien.

Ses cheveux en bataille, pourquoi pas, c’est la guerre,
Protègent deux oreilles contre leurs adversaires.
Quelques accords de chambre se croisent dans sa tête ;
J’espère que c’est moi qui manie la baguette…

Le couple d’à côté nous refait Pearl Harbour ;
En Mai, à la même heure, ils célébraient l’amour…
Ils déchirent un couple, déchirent une union,
Déchirent mes tympans par la même occasion.

Ca y est, c’est gagné, ils ont tiré du page
Le taré du dessous, le pro du bricolage :
Je l’entends en direct dévisser son gamin
Qui mate ses cartoons à sept heures du matin.

Les escaliers explosent, secouant les étages :
Le cadre du sixième joue sa vie dans la cage ;
Le chat de la concierge braille sur le palier :
Lui aussi joue sa vie, un jour il va miauler !

Un cil a tressailli, furtif mais je l’ai vu :
Elle m’épiait aussi… depuis le début ;
J’aurais dû m’en douter, elle triche à tous les jeux ;
Je souffle sur sa joue pour qu’elle ouvre les yeux.

Elle approche et s’enfuit, se cache et se dévoile,
Je pars et je reviens au gré de mon étoile ;
La musique a cessé, remplacée par la danse,
Une esquive, un sourire, de mon éclat de chance.

Exit les bousculades, les cris et les vacarmes,
Adieu les mots-anguilles et les promesses-charmes :
Place au dieu de l’instant qui avoue sans mentir,
Au feu des doigts qui peint et dilue les empires.

Un bouton de soleil tremble dans ses cheveux,
Et moi, moi je regarde -- et je voyage un peu ;
Franchir le mur du son n’est plus une science ;
Il ne nous faut rien d’autre qu’un instant de silence.



26 Octobre - 28 Novembre 2003


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commentaires ( 15 ) (Ajouter un commentaire)
bluegirl le vendredi 04 novembre 2011, à 17:41
Moi j ai beaucoup aime un instant de silence,
Que j ai lu ya peu et je n en n ai casiment pas retrouve l atmosphere intime, invitant au reve.
Celui me semble relater le quotidien fatiguant qui ne laisse presque pas place a l apaisement tellement on s en impreigne...peut etre que je
compare trop.
Je crois que j ai surtout besoin d evasion...et pour ca la photo est superbe. Je l ai de suite reconnu.
Merci pour le partage.
Amicalement toi.

Loïc le vendredi 04 novembre 2011, à 20:37
Mais c'est normal de comparer, et tu as absolument raison dans ce que tu dis. C'est bien pour ça que je l'ai quasiment réécrit vers après vers en 2010. Le seul avantage qu'avait celui-ci était le contraste entre le "quotidien fatiguant" et l'échappée de la fin. Ce contraste a été perdu dans la nouvelle version, qui ne se concentre quasiment que sur le calme et l'intimité. Mais c'est sans doute pour le mieux.

Et le côté "détails du quotidien" vient du fait que j'ai été pendant une période très influencé par la nouvelle chanson française (Bénabar, Aldebert, Les Ogres de Barback) qui s'attachent justement à décrire d'un oeil attendri les petits travers de la vie de tous les jours, sur un ton très "France d'en bas". Mais c'est un style qui va mieux aux chansons qu'aux poèmes !

Amitiés Lola.

plumeflore le vendredi 04 novembre 2011, à 21:28
Bonsoir Loïc C'est presque la chanson de Renaud le HLM p... ce qu'il est blême mon HLM la môme du huitième le Hash elle aime!!! oui c'est un peu la France d'en bas celle que notre président a oublier sitôt élu!
moi aussi j'aime bien ont dirait un cours métrage, un plan à chaque étage la caméra tourne c'est arté sur mespoemes, pas mal!!!
bonne soirée!
amitiés!

Amercenaire le vendredi 04 novembre 2011, à 23:38
C'est drole, l'évolution...
Mais meme dans ce poème "débutant" que de souffle et d'embiance! J'ai beaucoup aimé, surtout le fait qu'interviennent des éléments tres concrets de la vie quotidienne ( immeuble, voisins, etc ) ils sont moins presents dans tes poemes actuels, et les voir vivre un instant sous ta plume est formidable!
Merci pour ce bon moment de lecture
( et au passage aussi pour le tres bon moment de musique avec "misplaced childhood")

Amities

larose le samedi 05 novembre 2011, à 00:49
Bonsoir Loïc!!! comme dit Plumeflore c'est comme dans la chanson de Renaud c'est marche à l'ombre mais bon c'est convivial quand on entend le voisin qui parle, qui marche ou pire encore!
mais bon franchement je préfère vivre dans une maison comme cela pas de soucis avec les voisin d'en haut ou d'en bas, vive la liberté!
bonne soirée cher poétesse!
amitié!

Loïc le samedi 05 novembre 2011, à 11:48
Plumeflore : Un peu ! Et concentré dans les fameux 4,5 et 6es quatrains que j'ai enlevés dans la nouvelle version. Un peu la même approche d'un environnement pas glamour, mais dont on fait partie et qu'on finit un peu par aimer. Cela dit, je suis bien content de l'avoir quitté (mais... comme ça faisait quelques mois que je n'y étais plus au moment du poème, est-ce qu'il n'y avait pas dans le fait que j'en parle un peu de nostalgie ?).

Amercenaire : Ici, on va parler d'évolution ratée !! quand tu vois que j'avais écrit "L'Ombre des Jours Perdus" un an plus tôt... Après "Le Fracas" et un autre complètement ridicule que je ne posterai jamais, j'ai abandonné cette façon d'écrire. En tous cas tu es bon public, parce que dire que c'est formidable... Enfin, j'ai fait une petite rechute avec "J'Accuse" ; si les poèmes sans lyrisme t'intéressent, tu peux le lire sur Cellox2.

Quant à Marillion, "Misplaced Childhood" est un chef-d'oeuvre, mais ce qui m'a lancé dans la poésie en 2002 est en fait le sublime tryptique (chansons fusionnées) qui démarre l'album "Clutching At Straws", leur dernier avec Fish. Le reste de l'album est inégal, mais ce début !...

Larose : "Bonne soirée chère poétesse" ?... C'est votre dernier mot ?... Je vérifie la réponse sur la carte... eh non, il s'agissait bien de "cher poète" ! Ah quel dommage, vous aviez pourtant une chance sur deux... Mais vous repartez quand même avec de nombreux lots.

Oui, comme je disais à Plumeflore, moi aussi je tiens à vivre dans une ambiance calme, au lieu de me prendre la tête avec les voisins dans un immeuble en carton.

Merci de votre passage, amitiés à tous trois !

domidom le samedi 05 novembre 2011, à 21:43
La vie du quotidien!!!
Heureusement que ce n'est pas la vie de chacun au quotidien, moi, j'en connais une, qui étranglerait bien ses voisins si c'était chose permise et pourtant, elle n'est pas en HLM...
Attention, la vie en HLM Dieu merci, n'est pas toujours comme ça, ceci dit, ton poème est très bien imagé et surtout bien écrit, cette ambiance peut être drôle, mais bon, c'est un point de vue....
J'ai la chance de vivre dans un dixième étage où on entend presque jamais un bruit, et pour moi qui adore le silence, c'est merveilleux.....
Un poème réaliste, car j'imagine que dans bien des cités, on vit de jour comme de nuit avec l'intimité des voisins, ça aussi ça peut quelquefois être très drôle.....
A bientôt Loïc....
Mes amitiés....Domie...

imparfaitlibre le samedi 05 novembre 2011, à 22:17
--Effectivement nous sommes certainement plusieurs à reconnaitre ce poème dans son autre version plus intime.
Ce que j'aime dans celui-ci, c'est le naturel qu'il dégage sur l'ambiance d'un batiment où chacun vit sa vie sans respect pour son voisin, et je sais de quoi je parle, j'ai l'impression de vivre ce que je vis actuellement tout au long de tes lignes!!!! Merci Domie de penser à moi!!! rire
Je ne parlerai pas de la France d'en bas, mais tout simplement de l'égoïsme en général et ça, on le trouve à tous les niveaux et dans le monde entier...
J'aime beaucoup le côté humoristique du ton que tu donnes à ce poème et de temps en temps ça fait du bien de pouvoir se lacher un peu même si c'est en poèsie et tant pis si la forme n'est pas parfaite le plaisir reste dans l'écrit et dans le sourire qu'il nous offre.
Merci de nous faire partager tes écrits de "débutant" ça nous permet de voir l'évolution d'un poéte..
Amitié sincère Loïc.--
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre

Loïc le dimanche 06 novembre 2011, à 13:16
Domie : Tu sais, il y avait quand même une certaine tendresse, dans ce poème, envers ces petits travers. Evidemment, sur le moment, quand on veut être tranquille et que le "pro du bricolage" travaille son mur à la perceuse pendant des heures comme s'il redessinait la Joconde en pointillés, ça fâche. La télé à donf, c'est pareil (j'ai le souvenir de m'être vengé une fois en collant mes enceintes de 2x100 watts face au mur pour enseigner le heavy metal à un voisin de gauche particulièrement énervant... Tu vois que déjà à l'époque, j'avais le sens du partage)... Quant aux voisins du dessus, mon balai n'a pas toujours servi qu'à balayer.

Mais une fois qu'on en est sorti, on en rigole !

Imparfait : Ouiii, je sais bien que t'es largement perfectionnée dans ta connaissance du raï au contact de tes voisins. Faudel endurance parfois ! (cet excellent jeu de mots est d'ores et déjà sous copyright. Ne t'avise pas de me le piquer.)

Mais comme je disais à Amercenaire, ce poème ne fait pas partie de mon évolution, c'est plutôt une bifurcation expérimentale, une branche cassée.

Amitiés à toutes deux, merci de votre passage !

José le dimanche 06 novembre 2011, à 13:30
J'aime bien comment tous les fracas alentour s'estompent (mais ils ne s'estompent pas vraiment, c'est ton attention qui s'en détourne) pour laisser la place à ce beau fracas du silence qui leur succède. Amitiés.

imparfaitlibre le dimanche 06 novembre 2011, à 13:30
-j'adore ton jeu de mots!!! rire---
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre

Loïc le dimanche 06 novembre 2011, à 13:55
José : On chérit ces étranges moments en retrait du monde et de sa réalité.

Imparfait : Oui, j'espère que tu as bien compris ce que je voulais dire : On ne supporte ces désagréments Khaled d'une grande force mentale.

Amitiés !

imparfaitlibre le dimanche 06 novembre 2011, à 21:04
-Vas-y, continue, tu en as d'autres pour finir de m'énerver???? rire---
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre

Loïc le dimanche 06 novembre 2011, à 23:03
Non. J'arrête les jeux de mots en public sur le raï, qui peuvent être perçus comme étant musicalement (et peut-être même ethniquement) partiaux, désobligeants, voire de mauvais goût. Si tu en veux d'autres, je m'engage à ne le faire qu'en privé ; et ce sera payant.

Question de droiture et d'éthique.

Mais je te laisserai des tickets de caisse comme preuve d'Aïcha.

imparfaitlibre le dimanche 06 novembre 2011, à 23:10
-rire!!!---
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre

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