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Les feuilles me bousculent, j’ose à peine les piétiner.
Un vent fougueux les détache sans aucune retenue.
D’un rouge sanglant, elles voltigent misérablement.
La disgrâce, l’indifférence, l’outrance.
L’arbre déshabillé, cette froideur inexpliquée.
Ce regard incompréhensible, désolation, agression.
Je ressens cette nudité, frissons incontrôlés.
Démarche pénible, un silence glacial.
Et pourtant, la nature m’envahit avec respect.
Je suis désinvolte, l’égarement de mon esprit.
L’imperturbable, s’avancer sans trop périr.
L’isolement, trembloter, fermer les yeux.
Les feuilles messagères d’une présence incommensurable.
Soudain quelques flocons indiscrets, un rappel, terrible froideur.
Une volte-face, cheminée soufflante, invitation assurée.
Calme recherché, apaisement de mes souffrances.
André, épervier
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