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Je m'en irai peut-être, loin du cœur et de l'âme,
Chercher en un pays aux fortunes primales
La sérénité rare que nulle pensée n'entame
Quand on la sait acquise aux causes animales.
Je m'en irai ainsi, grégaire et sans émois
Autres qu'un piètre instinct de rester au troupeau
Pour vivre dans l'espoir de demeurer sans loi
Mais à jamais nourri, au couvert de l'enclos.
Je m'en irai du temps et des choses humaines
Qui supplicient sans fin nos génies dérisoires
Sur l'autel de consciences épuisées et si vaines
Qu'elles s'offrent au veau d'or en rachat d'illusoire.
Je m'en irai demain des raisons qui me firent,
Ignorant, vieillissant, quels besoins me dirigent,
Espérant qu'il m'advienne, avant que je n'expire,
En lisière de vie, dont l'absence m'afflige,
D'être le fils prodigue, qu'à cette heure, elle désire…
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