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Il y a le pont romain aux arcades moussues
Qui joue à saute-mouton au dessus du torrent,
Il y a les pont-levis de nos châteaux anciens
Prêts à tenir un siège contre les malandrins,
Il y a les poncifs aux parapets usés
A force d’y poser beaucoup trop de clichés,
Il y a le Pont-Euxin, perle noire reposant
Aux confins de l’empire, porte de l’Orient,
Et les ponts des trois-mâts affrontant le gros temps
Partis sous d’autres cieux, à la course aux épices
Il a les ponts d’or tendus aux plus chanceux
Et les ponts des soupirs où pleurent les condamnés,
Il y a le Pont-Neuf où rêvent des amoureux
A jamais immortels au cliché de Doisneau,
Il est un ponton vert, alourdi de glycines,
D’où Monet admirait ses nymphéas en fleurs
Et les arcades folles des toiles de Van Gogh
Faisant des cabrioles dans des champs étoilés,
Et le Pont Mirabeau où la Seine s’écoule
Abandonnant la berge où rêve Apollinaire,
Et le Pont d’Avignon où fifres et tambourins
Faisaient danser la Noce jusqu'à s'en écrouler,
... Et tous ces ponts qu’on brûle ou coupe derrière soi,
Pour fuir un passé triste et conserver l'espoir.
2 octobre 011
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