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A peine installé sous l'ample ombrelle
Que déjà je glisse dans un rêve charnel
Une douce majesté émane de tant de beauté
L'oeuvre des dieux n'est que splendeur et volupté
Tout près de moi une myriade de myosotis
S'épanche parmi les herbes avec charme et délice
Je voudrais tant parfumer mes pages d'aubépine
en y mêlant aussi l'odeur des foins, des cardamines
Qu'il soit bénis les instants rayonnants d’allégresses
Et cette force divine qui m'asperge de tendresse
Gloire à la vie, au soleil, à la beauté
A toute la noblesse de la sainte vallée
Je puise le miel des ancolies, la sève des acacias
Mes mots se teintent d'ambre et de lilas
Bercé par la flûte enchantée du rossignol
Mes vers s'ennoblissent d'une auréole
L'ivresse du ruisseau, la nacre des sous-bois
La clarté de la plaine dans sa robe d’apparat
Ruisselle comme une vague sur ma page
Et s'enfièvre de toute la magie du bocage
Frémissante d'amour je pense à toi
Et mon songe devient un bel opéra
Je respire l’odeur suave des campanules vivaces
Fermant les yeux j'ai l'impression que tu m'embrasses
je frémis et le vent m'emporte à l'altitude
Des hirondelles, je danse dans la multitude
Tout mon être s'enlumine de l'or des cieux
J'emplis mon âme des alizés les plus précieux
Je donnerais tous les parfums, les beautés, la clarté
pour être à cet instant au creux de tes bras enlacé
Je ne vis, ne respire, ne vois et n'aime que par toi
Car au royaume de mon coeur c'est toi qui est le roi
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