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Me reste-t-il du temps pour tamiser les rêves?
Qu'ils soient de fins de nuits, en visions qu'on expire,
Ou de jours ennoblis par leurs quêtes sans trêve,
Ils s'accordent peut-être aux raisons qui me firent.
Me reste-t-il du temps pour des larmes heureuses?
Celles que l'on saurait intenses et prodigues
Pour briser de leurs eaux salines et aqueuses
Les murs de ces prisons que l'on croit être digues.
Me reste-t-il du temps pour tout mettre à l'encan?
Les choses et les gens, mes secrets et mes peines,
Qui m'étaient affectés, à mon cœur défendant,
Pour n'avoir pas été une âme souveraine.
Me reste-t-il du temps pour ignorer qu'il passe?
Lancinant et violent, il martèle sans cesse
Mais j'en veux espérer stigmates ou bien trace
Pour que dans l'éphémère, en quelque instant d'ivresse,
Je puisse suivre enfin le destin qu'il confesse…
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