|
Au-delà des îlots tranquilles où s’amassent sans joie
Des paysages lents qui s’évaporent,
Défilent les notes blêmes, les chants sans voix
Des bras frêles des sémaphores.
Ils n’indiquent ni le large au goût de sel,
Ni l’appel vainqueur des fourbes horizons,
Mais les chemins terreux qui montent jusqu’au ciel
Où s’arrête un instant le voyageur sans illusion.
Alors, j’irai comme un pauvre enfant pâle,
Vers ces havres d’Orient où suinte la Lumière,
Susciter des princes, des diamants, des opales,
Ou des secrets gardés de fiers visionnaires.
Et je danserai dans la timide froideur des glacis,
Mille et une gigues comme ces barbares aberrants
Qui dans leurs souffrances dignes, pleureront aux soli,
En regrettant les steppes et les voix lasses d’antan.
Je jalouserai enfin leur impétueuse audace,
Leur dérisoire orgueil à nul destin pareil,
Leurs regards matois à l’appétit vorace,
Pour m’endormir enfin au déclin du soleil.
Philip de Berg
http://www.mespoemes.net/sites/index.php?login=philipchevalier
|