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Anarchiste, un poète a dit que tu existes…
Et pour s'extraire un jour des prisons conformistes
Où l'on dort du sommeil des justes impuissants,
Faudrait-il que tu sois dans nos songes d'enfant ?
Anarchiste, l’on pleure, soumis et compassés,
Quand notre seule issue d'humanité coupable
Est celle d'allégeance à de perverses fables,
Tu dissipes le fiel, suintant de nos pensées.
Anarchiste, l’on est aveuglé d’évidences
Dans un monde affecté d'indigence qu'on sème,
En abattant pour nous les murs de nos consciences
Tu redonnes aux cœurs l'énergie des blasphèmes.
Anarchiste, on s’égare aux chants et aux prières
De ces fausses croyances que les religions disent,
En éloignant ces dieux qui nous gardent en enfer
Tu libères nos âmes du joug qu'elles déguisent.
Anarchiste, toujours, le fascisme prospère,
A ces démocraties aux compromis sordides
Tu réponds en témoin de tous les génocides
Que l’on n’embrasse pas les pouvoirs délétères.
Anarchiste, tu heurtes l'Etat et ses polices,
Quand leur chœur outragé piétine ta mémoire
En clamant « terroriste ! », tu leur réponds « justice ! »
Et restes le recours des parias de l'histoire.
Anarchiste, opposé aux despotes qui mentent,
Tu redonnes confiance en des forces latentes
Qui, dans l'être fragile aux futiles suppliques,
Sauront faire émerger des révoltes magiques.
Anarchiste, tu vis ta geste libertaire,
Des dogmes absolus, prophéties illusoires
Qui veulent asservir les damnés de la terre,
Tu dénonces sans fin l'illusion des grands soirs.
Continue, anarchiste, fais-nous toucher les rêves
Qui, d'enfance première à celle qu'on achève
Et au crédit d'une ère aux armes dérisoires,
Sont la réalité des chemins de l'espoir.
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