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Garder au fil d'une mémoire
L'irréel de nos souvenances
Pour exalter l'enfant sans gloire
Aux rêveries qui l'en dispensent.
Rester aux îles sous le vent,
Ces paysages de repli
Qui sont en lointains océans
L'amer sucré de nos dénis.
S'inquiéter au détour d'un songe
Du sablier dont fuient les grains,
Ignorant du temps qui s'achève
Les heures des jours qu'il prolonge.
Et vieillir seul de nos rengaines
En deuil, déjà, d'un paradis
Pour se dire en des ciels de traîne
Que nous étions ceux qu'on maudit.
Etre d'un espace qui gronde
Aux horizons toujours fermés...
Sait-on de l'âme que l'on sonde
Que nous n'aurons jamais été...?
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