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L'appel de la mer

le mercredi 14 décembre 2011, à 14:34. Posté par slim le poète


    Sombre et violette, la nuit étendait son manteau de fraîcheur
    en ce beau soir d’été et couvrait la mer d’un voile évanescent.
    Le ciel, parsemé d’étoiles vives, nimbait de rose l’horizon incandescent
    et répandait jusque sur les dômes reculés l’hymne pathétique des pêcheurs…
    Venant de nulle part, des rumeurs confuses fusaient que l’air atone amplifiait
    Pareilles à des voix chères que les embruns de la mer embaumaient.
    La nuit ne finissait pas, nous la contemplions par la fenêtre ;
    nos yeux, pourtant fatigués, percevaient le vol d’oiseaux nocturnes
    qui, dans leur ballet, se riaient cyniquement de notre mal être,
    galvaudant piteusement le profond message de nos âmes taciturnes.
    La nuit profonde s’étendait au-delà de la mer, très loin de la terre,
    telle une senteur de roses rares qui s’en va prêcher la liberté.
    Dieu ! On était jeunes et nos cœurs froissés depuis par quelque anxiété,
    dissimulaient très mal le lourd secret d’une vie qu’on voulait taire…
    Cette nuit là, les images, les sons, les parfums en vain raisonnaient nos rancoeurs
    et, en dépit des bruits nocturnes de la mer qui allait et revenait,
    éternelle valse, douce musique, au loin quelques pécheurs qui chantaient,
    le silence se faisait en nous comme devant un Dieu venu d’ailleurs…
    L’on restait immobiles, chacun de nous balbutiant une prière venue du cœur.
    Comme le vin nocturne, tout était sombre, le café chauffait, nos cigarette, à moitié consumées,
    tenaient lieu de bougies éphémères qu’entretenaient nos voix chuchotées,
    et créaient mille éclats mouvants dans cette mythique nuit profonde,
    telles des lumières subites et interdites, créant la vie quand doit mourir le monde…
    La mer restait noire comme une âme en deuil, comme un ciel sans étoiles,
    et au loin, éternellement noyée dans son nid d’amour, la lune était pâle ;
    que de fois, se détachant soudain du rang, quelqu’un parmi nous s’en allait,
    Comme appelé, comme attiré, sans nous regarder ni parler.
    L’on voyait alors sa haute silhouette noire se dégager comme le mât d’un navire
    car la mer, disait-on, connaît le cœur et l’âme de celui qui chavire,
    elle reste sa sépulture et versera sur son corps fatigué des embruns parfumés,
    elle sera la croix mouvante qui trouvera enfin la voie tellement aimée !...

    Slim le poète

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
oliverjane1950 le mardi 12 juin 2012, à 23:29
Encore une belle image ! " L’on voyait alors sa haute silhouette noire se dégager comme le mât d’un navire ". A quand ton autobiographie Slim ! Ou un roman...Tu as l'art de narrer la vie. Toutes mes amitiés. Oliver
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950

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