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A Claude et Chantal VAILLANT
Il faut de tout pour faire un monde
Nous rappelait Raymond Queneau.
Monde qu'on sait souvent immonde
Et qui se perd au fil de l'eau.
Au fil de l'eau qui s'en va tant
Que vient l'hiver après l'automne
Et que nul pourtant ne s'étonne
Qu'il se dilue au doux printemps.
La pierre qui roule est sans mousse.
Vieux proverbe qu'il dit aussi.
On a mangé le petit mousse,
Mais tout le monde a des soucis.
Tous? Sauf moi qui des sous n'ai pas.
Bah! je ne m'en fais pas de bile
Et je m'accepte malhabile:
La fortune m'est sans appâts.
Quand on est vieux on n'est plus jeune.
J'en sais refusant la leçon.
Et qui même quelquefois jeûnent
Se restaurant à leur façon.
Quid de l'apparente beauté?
Je m'en balance et eux soupèsent.
Je lis Queneau quand eux se pèsent.
A chacun sa légèreté.
Envoi
Raymond! dis entends-tu le temps
Où chacun comme toi chaconne?
Mais sans ton humour pour autant.
Qui ne sait pas rire déconne.
Betton janvier 90
L'heure est grave paraît-il.L'année qui commence s'annonce morose
Le pessimisme nous envahit. Afin de lutter contre l'ambiance déprimante,
j'adresse à tous, avec mes voeux de tous les bonheurs possibles, ces lignes
retrouvées dans un de mes vieux cahiers et adressées à mes amis: Claude -authentique poète, aujourd'hui décédé- et Chantal, sa femme, auteure entre autres du livre incontournable: "Clefs pour la psychanalyse"
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