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CRUELLE LIBERTÉ....
Une véritable scène digne d’un grand film d’Alfred Hitchcock :
Des livres sans pages ni couverture gisaient dans une marre de mots,
De quoi avoir la chaire de poule, de quoi se mouiller les frocs,
Devant tant de belles écritures réduites en menus morceaux.
De la porte entrouverte, on pouvait voir l’arme du crime :
Un stylo sans bille, ni corps ricanait sur le pupitre !
Mais qui était le coupable, et qui était la victime,
De cette curieuse tuerie de parties et de chapitres ?
La lutte a été surement acharnée, implacable :
Les murs étaient maculés de tant d’auxiliaires et de verbes,
Des phrases dégoulinaient et ruisselaient sur la table,
Consonnes, voyelles jonchaient sur le sol, fauchées comme de l’herbe.
Le silence se rompait par les ambulances de l’orthographe,
La conjugaison cherchait des indices avec la grammaire,
La question se posait : que peut-on mettre comme épitaphe,
Sur la tombe de ces mots, et où se trouve bien leur cimetière !
Étrange ! lui était là, impassible, en chaire et en os,
Zen, il souriait, calme et serein, curieusement béat,
Il avait laissé comme seul indice, tel une douille dans la crosse,
Une chose combien révélatrice, l’appel d’un loup aux abois :
Écrit sur des bouts de papier, mais combien universel,
Par terre, quelque chose qui se répétait sans cesse,en effet,
Un verbe écrit dans tout les temps, un chant de la tourterelle,
Quelque chose d'écrit trop tendrement : c’était le verbe aimer !
Lui …c’était bien moi….J’ai écrit pour toi tant de poèmes d’amour sortis des entrailles de mon cœur…tu n’as pas répondu…alors, j’ai tout foutu en l’air , j’ai tout déchiré !
Enfin, je suis libre …libre de cette folie des mots …de la folie de l’écriture…je n’écrirai plus !
Je suis béat, du moins pour quelques instants…car les mots guérissaient mes maux…je sens déjà que je vais pleurer…je pleure….
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