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Deviné, le clocher s'éloigne lentement.
Une gare inconnue a cessé d'être vue.
Immuable, un vieux pont disparaît à l'instant,
La campagne s'étend, plate à perte de vue.
Mais au long de la voie où circule le train
Les arbres défilant s'inclinent en passant.
Je ne peux pas dormir et j'étudie en vain.
Au sablier du temps le sable va coulant.
Le train sans s'arrêter fonce tout droit devant.
Mes voisins parlent fort tout en gesticulant.
Serais-je donc tout seul à rester immobile?
Oui, j'ai beau regarder,le seul apparemment.
Immobile?.. Quoique!... Dedans ce train qui roule,
Sans bouger d'un iota, je me déplace aussi.
Immobile pourquoi?... Et par rapport à qui?...
Et même si ce train s'arrêtait pour toujours
-Mais qu'est-ce que toujours pour notre humain séjour?-
Ce petit pois cosmique, à l'échelle des foules
D'univers inconnus, qu'est la planète Terre,
Continuerait d'agir par le plus grand mystère
Dans le grand tourbillon du carroussel divin,
Emporté par le temps qui nous semble sans fin.
Mais malgré mon regard qui scrute mon reflet
Dans la vitre où défile un paysage entier,
Admettons que je sois immobile en effet
Et devenu pareil au soldat prisonnier.
Immobile, pourquoi? Et par rapport à quoi?
Ou par rapport à qui?.. A qui, sinon à moi?
A moi qui me tiens là, raisonneur et tranquille,
Sage comme une image et sans geste inutile
Avec "en train " de fait -et donc un peu d'humour-
N'arrêtant pas d'aller depuis l'aube du jour
Vers l'aventure à vivre et donc n'arrêtant pas
D'aller vers l'avenir. Et partant de vieillir.
Dans le train Brest/Paris. Septembre 2004
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