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Les chalands oubliés

le lundi 16 janvier 2012, à 16:28. Posté par Philip de Berg


    Sous leurs pas affadis de rêve enseveli,
    Ils portent leur ennui, de vêture endormis.
    Leurs serments sont voilés de si obscures nuits,
    Qu’ils ont perdu l’envie des brumes alanguies

    Les chalands oubliés regardent les vitrines
    De leur vie qui passe, sans regarder antan,
    L’odeur des souvenirs, et les humeurs câlines
    Complainte infidèle emportée par les ans.

    Ils vont, ourdis de guipures et de soies vives,
    Pantins monotones aux menuets tremblants,
    Chercher des rêveries et des mots à vivre,
    Comme des secrets perdus, abandonnés au Temps.

    Et leurs âmes chavirent aux tempêtes, aux tourments,
    Qui sombrent leurs navires de fredaines lasses.
    Les reflets des miroirs, morts à jamais au vent,
    Sont sensations vagues, comme un cœur qui passe.

    Fantomatiques Princes sans cour ni Roi,
    Vous courez devant moi, en ces biens tristes nues,
    Dont les nuages noirs asservissent vos lois.
    Vous n’aurez en retour que vos grimaces repues.

    Rendez à l’élégiaque Nature vos souhaits,
    Ils n’ont plus de rimes, ils sont las devenirs
    Soignez vos ors ou bien dansez aux imparfaits,
    Vos cadavéreuses armoises vont mourir.

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commentaires ( 12 ) (Ajouter un commentaire)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 16 janvier 2012, à 16:52
J'ai écrit ce poème (trop rapidement comme toujours) à la manière de Gérard de Nerval, dont je viens de lire un essai critique. A partir d'une association de mots "chalands oubliés", il m'a fallu bâtir une histoire. Histoire insensée bien sûr, et avec une ambiance tant onirique qu'impressionniste. Le mot "chaland" dans un sens peu usité de nos jours désigne les gens qui ne font qu'entrer dans les magasins sans vraiment avoir des envies précises d'acheter. Je me suis ainsi dit qu'en cette période d'achats frénétiques que sont les soldes, certains seraient bien moins empressés de courir aux solde de leur vie, quand par leurs propres comportements ils ont tissé une vie au rabais. Ceux-là même, et ils sont à plaindre, qui "regardent les vitrines de leur vie qui passe" sans rien acheter. Je ne parle pas bien sûr de ceux qui n'ont pas toujours eu de chance dans leur vie, mais de ceux qui n'ont même pas cherché les valeurs de l'existence. Voilà ce qui a guidé - en écriture à moitié automatique - mon poème.
Je vous adresse à toutes et à tous, mes amitiés. Philip
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

imparfaitlibre le lundi 16 janvier 2012, à 21:16
-bonsoir Philip,
pourquoi histoire insensée? Combien de personne peuvent se sentir concernées par ton poéme?
J'imagine qu'il y en a beaucoup plus dans ce monde que tu ne le penses.
Beaucoup de gens rêvent de ce qu'ils n'ont pas, de ce qu'ils voudraient avoir sans jamais essayer de l'obtenir ou de ce qu'ils n'auront jamais par manque de volonté.
Leur vie passe, jamais elle ne se dépasse et à la fin elle trépasse au rythme des calendriers que l'on achéte le premier janvier et que l'on jette le 31 décembre.
Les soldes, je les vis de l'intérieur alors des "chalands", j'en croise tous les jours.
Dans ce monde rien n'est parfait, rien n'est imparfait, tout n'est que passé, présent et futur!!!
bises sincères mon ami Philip.---
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre

didou le lundi 16 janvier 2012, à 21:49
-BRAVO PHILIP c 'est un essai ou l'élève a appris bien sa leçon, c'est une composition loin d'etre inachevée mais au combien au chevet des vers de narval .... merci pour ce partage ou les mots et les rimes sont éblouissants et nous donnent des envies d'écrire il y a quelques passages deux ou trois mots qui m'inspire---
http://www.mespoemes.net/didou

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 17 janvier 2012, à 07:11
Pour IMPARFAIT :
J'aime beaucoup la lucidité de ton propos.
Combien de gens sont envieux du sort de certains autres (matériel ou moral) alors qu'ils n'ont pas la volonté d'essayer de changer leur vie. Cela me fait penser à un ami d'adolescence qui a 30 ans me disait, un peu amer "je ne fais rien de ma vie !". Aujourd'hui, il ne fait toujours rien et est toujours obnubilé par l'argent. Bon, ce genre d'individu, impensable d'imaginer qu'ils puissent s'émouvoir d'un ciel étoilé ou ouvrir, par simple curiosité; un livre de....Cioran, par exemple !
A part ça, bon courage pour ton travail, encore trois/quatre semaines de frénésie.
Gros bisous mon amie.

Pour DIDOU :
Merci de ton com. En plus de ça, si quelques uns de ces vers t'inspirent de futur poème, je suis comblé ! Il est vrai que la poésie ose tout, permet tout, et en vers, les idées prennent une autre forme, ont une autre acuité. Amitiés.

Pour LOLA :
Merci mon amie pour ton propos qui laisse entendre que tu sais où son les vraies valeurs de l'existence. Mais ça, je n'en doutais pas. Gros bisous
Philip

http://www.mespoemes.net/philipchevalier

lesprosesdeslim le mardi 17 janvier 2012, à 08:57
Cher Philip,
Nos réactions et notre comportement de chaque moment sont pratiquement toujours inspirés de ces visions, bonnes ou mauvaises, réelles ou virtuelles, que la vie nous impose au décours de chaque instant vécu. Dés lors, il en découle fatalement des états d'âme qui vont nous dicter une approche fantaisiste de la vie car elle ira se régler au rythme des émotions que les "les vitrines de la vie "vont nous renvoyer...Toutefois, comme l'a si bien évoqué et expliqué Lola dont j'ai énormément apprécié le commentaire trés percutant, l'on ne peut acheter l'inaccessible étoile nécessaire à notre bien être même si parfois on en récolte quelques poussières malheureusement trés volatiles!!C'est en cela que le beau poème de Philip me touche car, quelque part, l'on se reconnait tous dans ces marchands pathétiques qui cherchent, trés haut dans le ciel, cette part de bonheur qu'ils tentent vainement de deviner en ces hypocrites oripeaux de nos vitrines...
Et, sans doute, s'en iront ils, les bras lourds et vides, tout le long des ruelles mortes de la vie mais, néanmoins, avec des rêves fous plein le coeur, quelques larmes retenues au coin de leurs yeux, des soupirs langoureux qui emplissent l'âme et le coeur de beaucoup d'espérance...Sans doute, est-ce là le véritable message de la vie que tu nous a aimablement confié.Je te remercie beaucoup pour ce cadeau. Amitiés. Slim.

imparfaitlibre le mardi 17 janvier 2012, à 09:16
-Merci Philip et merci pour ce clin d'oeil à Cioran.
passe une très bonne journée.
bises mon ami---
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre

Vesta le mardi 17 janvier 2012, à 11:32
Cher Philip, je te remercie de ton commentaire chaleureux et tendre sur Ecrire en Urgence. D'ailleurs, je remercie tous ceux qui m'ont laissé un petit mot. Il n'y a rien à ajouter de plus. Tu as compris que mes mots parfois peuvent traverser et s'épanouir et d'autres fois, ils ne le peuvent pas. Mais c'est une chance fantastique de pouvoir vous lire et de vous apprécier. Les poètes de ce site sont du miel et je vous aime. Amicalement, Muriel

domidom le mardi 17 janvier 2012, à 14:10
Un poème magnifique mon cher Philip, et chaque commentaire laissé par les amis du site en est la preuve....
J'aime bien ces petits ressentis des uns et des autres, c'est je pense à cela que l'on détermine la valeur du poème, car pour chacun, il peut y avoir une vision différente de chaque chose....
Pour moi, (Les vitrines de la vie), ne sont pas faites que de désirs et d'envies, ils est aussi des chalands qui entrent dans des magasins avec le désir d'acheter, mais souvent les étiquettes ne sont pas à leurs portées, bien sûr, il y a les autres, ceux que les soldes font rêver....
Pourquoi toujours vouloir ce que l'on ne peur acquérir, pour épater les autres ou pour s'épater soi même???
La vie m'a appris à ne jamais regarder plus haut que moi, aussi, je me trouve bien dans ma tête et dans ma peau, maintenant, je pourrais ajouter qu'en vieillissant on ne regarde, et surtout, on ne voit plus les choses de la même façon....
En résumé, contentons nous de ce que nous avons, l'envie n'apporte rien d'autre que de la mesquinerie et de la jalousie....
Moi, je suis devenue une sorte de chaland, que les années poussent doucement vers un univers méconnu, je ne suis pas certaine qu'il y aura des soldes.!!!
Juste un petit mot pour Vesta, nous aussi on t'aime très fort...
Pour Philip, tu as ma réponse à ta question sur mon poème ...(Remord)...
Amitiés et gros bisous à toi mon cher ami.....

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 17 janvier 2012, à 21:04
Pour Slim :
Merci mon ami, tu as bien compris le sens de mon poème. tu as rebondi par dessus avec des mots et des évocations si justes et si bien écrits que tu pourrais en faire un poème, qui serait un peu une suite du mien.
Pour Imparfait :
Merci mon amie, toi aussi tu m'as compris. Oui, je constate comme toi que plus les années passent, plus on voit les choses différemment. Est-ce ce que l'on appelle la sagesse ? En tout cas ce ne doit en être, si c'est le cas, que le tout début, car il nous reste tant de choses à apprendre, à revisiter. Et je crois qu'à la fin de notre vie, nous serons contraints de nous dire une chose, à la finale "Je sais, je sais que je ne sais rien". D'autres savent tout depuis longtemps, c'est évident pour eux. Tant mieux pour eux, quelque part je les plaints.
Tu dis qu'il ne faut jamais regarder plus haut que soit. Mais au fond de nous même, d'une façon intime qui ne regarde pas les autres, il faut mettre en pratique cette profonde réflexion que faisait Louis Pasteur : "regarder en haut, apprendre au-delà, chercher à s'élever, toujours". Mais ça, ça n'a rien à voir avec une réussite sociale où autre, c'est le moteur de nos propres leçons de vie. J'ai acheté cet après-midi un livre de Cioran. Tombé sous le charme de sa profondeur d'esprit. Je t'en parlerai demain. Merci de ta sagesse et de ta clairvoyance. Amitié sincère et bisous. Philip

A Domie et Vesta : merci de votre gentillesse et de votre fidélité. Ce n'est pas parce que mon com est plus court que mes mots pour vous sont moins chaleureux (je tombe simplement de fatigue).
Merci à tous mes ami(e)s. Philip

http://www.mespoemes.net/philipchevalier

mandoespartero le mercredi 18 janvier 2012, à 12:06
----
http://www.mespoemes.net/mandoespartero
Jamais ivresse n'aura porté au coeur du poéte autant d’exaltation!
Ce poème glisse en reptation sur le ciré du temps et se laisse couler en musiques dociles sur la peau de nos âmes...
Poète!?...Oui, cher ami, tu l'es!!!
Amicalement tien
@rm@nd

worrell02 le mercredi 18 janvier 2012, à 18:05
Bonsoir Philip. J'avais déjà lu une première fois mais c'est drôle, en relisant, tout cela me fait penser à une jeune femme rencontrée dans une brasserie aujourd'hui.Et c'est bien dommage car je suis persuadé qu'elle a beaucoup à donner.
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02

Dedeye le jeudi 19 janvier 2012, à 14:48
Toujours une poésie sortie de l'ordinaire avec une imagination extrème. Les chalands de solde avec la poésie ne pourront se passer de la volonté de ton écriture de pure vérité.Car la poésie est de l'homme et le poète va dans le courant de l'homme. De même que le peintre veut faire de la peinture et le musicien de la musique, le poète désire produire un langage, un langage qui est le sien. Je ressens au travers de tes mots toutes cette grande culture poétique qui est en toi.
Avec toutes mes amitiés
André

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