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L’éveil de mon village
Toutes les chaumières de ce petit hameau,
Alignées sagement, immobiles et sans bruit,
Sommeillent dans le soir, tout en bas du coteau,
Sur fond de grand écran, où parade la nuit.
La voûte céleste en noire de velours,
Expose ses joyaux qui brillent dans les cieux,
Cet écrin merveilleux, drape les alentours
Et cerne ce village assoupi en ces lieux.
Cette sérénité prodigue ses bienfaits.
Une douce torpeur envahit les maisons,
Gardienne des rêves, qui avec leurs attraits
Offrent à leurs hôtes le sommeil d’un poupon.
Au-dehors, on entend un hibou qui ulule,
Des renards glapissent autour d'un poulailler.
Les bruissements discrets de tous ces noctambules,
Emplissent cette nuit la tenant éveillée,
Un léger tourbillon qui frémit dans les feuilles,
Chante la mélodie du soupir de ce vent,
Qui exhale l’odeur de deux chèvrefeuilles
Enlacés sur un mur tout en le tapissant.
Plus loin se détache sous le dôme étoilé,
Un unique sapin, trônant dans un verger
Dont la grande cime de sa pointe effilée,
Taquine dans les cieux l’étoile du berger.
Cinq coups qui s’égrènent et résonnent soudain,
Martèlent les bronzes des cloches activées,
Qui s’enfuient en écho se posant au lointain,
Indiquant aux maisons l'heure de se lever.
A peine dilué dans l’espace du temps,
Le dernier tintement allume les volets,
D’un rai de lumière qui tremble lentement
Et danse par moment, espiègle feu follet.
La nuit se termine et elle prend son congé.
L'horizon bleuissant tout teinté en aurore,
Réveille la nature aux nuances fanées,
Lui redonne la vie, ravivant son décor.
Des volutes enfumées s'échappent en spirales,
Drapant les cheminées de leurs voiles bleutés.
Quelques volets claquent en cette heure matinale,
Libérant dans l'air frais l'odeur du pain grillé.
Mon village s'éveille et s'ébroue de rosée.
Il s'étire, languit, attendant les caresses
Des rayons du soleil qui viendront l'effleurer
En réchauffant ses murs avec délicatesse.
(N°06) André le 26 Octobre 1991
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