Poésie et Pensée

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Le Don étrange et le Retrait.

le lundi 23 janvier 2012, à 01:15. Posté par Avenance


    Le Don étrange et le Retrait.




    …..Sillage, étrave, écume, il s’ouvre dans la mer, à la proue des navires
    Des chemins d’eau si vite refermés et la ronce s’accroît aux traces des
    Sentiers, sans cesse il naît un cri du fond des mutités et déjà recouvert
    De silence, déjà enveloppé d’oubli, du voile de l’Absence, toujours la
    Fin dans le Commencement s’annonce, fugitives Beautés dans la hâte
    Des Plis où vous naissez à la Disparition…..Toute Chair effective
    Signifiée en dégénérescence, tout visage et tout nom, périssabilité, quel
    Don étrange sommes-nous que cette intrication et ce mélange, que ce
    Saisissement et ce Retrait?…..

    Un abîme d’Insu cercle de sa noirceur la minceur des Savoirs, Origines
    Perdues, je songe à ces pas millénaires qui tracèrent dans l’argile leur
    Passage et leur fuite dont il ne reste qu’une béante Absence, les contours
    D’une trace, l’inconnu d’une empreinte. Ô Raisons introuvables depuis la
    Fondation des Mondes, Présences greffées à de l’Enfui! Toute Œuvre
    Porte en elle son propre vide, sa propre évanescence, Effigies de tout
    Corps qu’un Vent dispersera, Sable, Poussière, Silence, vagues sculptures
    De Soi jusqu’à l’Effacement……Toute Voix soufflera dans un dernier
    Soupir son désenchantement…….

    Du Rien d’Être au Rien d’Être, voici les Arrivants, les Arrivés, à vrai dire
    Les Sortants, arrimés et flottants dans la tripartition du Ventre, du Cœur
    Et de l’Esprit, au bord toujours du Déraisonnable, dans la menace de la
    Pléonexie! Venue, Départ, Scène équivoque du Monde, Ô Multiforme et
    Toujours nous rêvons l’allègement frivole des fardeaux du Réel et la
    Levée du Voile et l’Eclaircissement, le désencombrement des routes vers
    Le Panorama de la Vérité, le désenvoûtement des maux divers de la
    Désolation, l’éternelle Jeunesse! Ô Synchronies, Ô Symbioses perdues!
    Et les Accordements que nous ne connaîtrons jamais!…..

    Depuis longtemps déjà, ils ont cessé pour moi, les Emerveillements, le
    Doux Penser, la Rêverie des trois gouttes de sang sur le blanc de la
    Neige….Des Voix gorgées de terre, des Voix hiéroglyphiques tentent
    En vain l’Indéchiffré, trahissent en bégaiement l’indénouable nœud du
    Maléfice, l’indissoluble affinité de l’abomination et du sublime, la Loi
    De l’Être et du Déchoir mêlés, le désespoir de l’Un, du Corps de Gloire.
    Ô chemins d’eau si vite refermés, sentiers embroussaillés de ronce, Règne
    Des Cris, des Mutités! Quel Don étrange sommes-nous qui a pour nom
    Retrait? A la Fin, toute Beauté fanée, toute Chair outragée…….

<< Retour aux poèmes

 

Donner une note à ce poème ... (Note actuelle : Pas de note)
Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour donner une note à un poème.

 

commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
domidom le lundi 23 janvier 2012, à 21:24
(Toujours la fin dans le commencement), la vie mon ami n'est rien d'autre qu'un éternel recommencement, une porte s'ouvre, vite une autre se referme...
Un abîme d'ombre, ou si tu préfère un champs de noirceur où depuis toujours l'homme se débat, et pour quoi???
Que nous reste t'il en réalité, quelques rêves qui jamais ne verront le jour, que sommes nous sur cette terre, des sortes de zombi, nous marchons dans l'ombre, et souvent, nous sommes incapable de nous réaliser, ni même de nous reconnaître....
Comme tu définis bien notre galère, les portes qui s'ouvrent et se referment , comme je l'ai écrit ci-dessus, mais toujours des chemins pleins d'embûches, que toi tu appelle, broussailles, ronce ou épine, toujours des obstacles qui nous empêche d'avancer et d'être nous même...
Que sommes nous???
De pauvres pantins désarticulés, blessé dans leur chair, de pauvres âmes errante, perdues dans la tourmente de la vie...
Mes amitiés cher Avenance...
Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom

avenance le lundi 23 janvier 2012, à 22:40
Bonsoir, Domie, merci pour ton beau commentaire qui traduit avec exactitude et précision ce que j'ai voulu exprimer dans ce texte. J'aime beaucoup l'idée d'errance et d'égarement que tu développes et qui me tiennent à coeur: si nous sommes dans l'errance et l'égarement sans connaître ni l'origine ni le but ni le droit chemin, alors il s'agit de notre propre essence, de notre vérité et ce sont elles qu'il convient de porter à la parole, de creuser, de mettre à jour autant qu'il se peut, de symboliser, de transformer en oeuvre avant que notre voix ne se taise à jamais.....Baudelaire parle à propos des oeuvres d'art de" cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge " et si nous sommes comme tu le dis si bien " de pauvres pantins désarticulés", qu'au moins leurs mouvements traduisent quelque beauté et prennent l'allure d'une danse! Merci encore pour ta lecture éclairée et compréhensive.....Amitiés. Avenance.

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet