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Le Don étrange et le Retrait.
…..Sillage, étrave, écume, il s’ouvre dans la mer, à la proue des navires
Des chemins d’eau si vite refermés et la ronce s’accroît aux traces des
Sentiers, sans cesse il naît un cri du fond des mutités et déjà recouvert
De silence, déjà enveloppé d’oubli, du voile de l’Absence, toujours la
Fin dans le Commencement s’annonce, fugitives Beautés dans la hâte
Des Plis où vous naissez à la Disparition…..Toute Chair effective
Signifiée en dégénérescence, tout visage et tout nom, périssabilité, quel
Don étrange sommes-nous que cette intrication et ce mélange, que ce
Saisissement et ce Retrait?…..
Un abîme d’Insu cercle de sa noirceur la minceur des Savoirs, Origines
Perdues, je songe à ces pas millénaires qui tracèrent dans l’argile leur
Passage et leur fuite dont il ne reste qu’une béante Absence, les contours
D’une trace, l’inconnu d’une empreinte. Ô Raisons introuvables depuis la
Fondation des Mondes, Présences greffées à de l’Enfui! Toute Œuvre
Porte en elle son propre vide, sa propre évanescence, Effigies de tout
Corps qu’un Vent dispersera, Sable, Poussière, Silence, vagues sculptures
De Soi jusqu’à l’Effacement……Toute Voix soufflera dans un dernier
Soupir son désenchantement…….
Du Rien d’Être au Rien d’Être, voici les Arrivants, les Arrivés, à vrai dire
Les Sortants, arrimés et flottants dans la tripartition du Ventre, du Cœur
Et de l’Esprit, au bord toujours du Déraisonnable, dans la menace de la
Pléonexie! Venue, Départ, Scène équivoque du Monde, Ô Multiforme et
Toujours nous rêvons l’allègement frivole des fardeaux du Réel et la
Levée du Voile et l’Eclaircissement, le désencombrement des routes vers
Le Panorama de la Vérité, le désenvoûtement des maux divers de la
Désolation, l’éternelle Jeunesse! Ô Synchronies, Ô Symbioses perdues!
Et les Accordements que nous ne connaîtrons jamais!…..
Depuis longtemps déjà, ils ont cessé pour moi, les Emerveillements, le
Doux Penser, la Rêverie des trois gouttes de sang sur le blanc de la
Neige….Des Voix gorgées de terre, des Voix hiéroglyphiques tentent
En vain l’Indéchiffré, trahissent en bégaiement l’indénouable nœud du
Maléfice, l’indissoluble affinité de l’abomination et du sublime, la Loi
De l’Être et du Déchoir mêlés, le désespoir de l’Un, du Corps de Gloire.
Ô chemins d’eau si vite refermés, sentiers embroussaillés de ronce, Règne
Des Cris, des Mutités! Quel Don étrange sommes-nous qui a pour nom
Retrait? A la Fin, toute Beauté fanée, toute Chair outragée…….
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