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Ton visage était si triste, tes yeux sans lueur et ton cœur sans émoi,
toi qui parlais d’amertume, de rancœur, de déconvenues, de trône sans roi,
de voyage sans retour, te voilà désormais sans essor comme un oiseau blessé
pareil à un adolescent que la passion pour la vie a, pour toujours, abandonné…
Je t’imaginais, le soir venu, en proie à tes errances désespérées.
Même loin de toi, je voulais tant souffrir de ton chagrin si grand,
de tes peines et déboires qui te rongeaient en ces lourds moments.
Vécus de nous deux, ils semblaient à mes yeux, moins lourds à supporter.
Est-ce donc ce qui resterait de ces rêves fous que si bien tu caressais ?
Comme habité de ton chagrin qui devait à jamais durer,
Je t’imaginais livrant tes confidences comme une triste litanie,
comme les cris discrets de la souffrance, comme ces appels à la vie…
Se peut- il que, désormais, la vie pour toi soit si mauvaise à vivre
Que tu te délaisses et délaisses tous les gens qui t’ont pourtant aimé ?
Où donc est passée cette lueur dans tes yeux naguère toujours de joie ivres ?
Lève toi alors bel ami et passe donc ton chemin encore de belles fleurs bordé !..
Vois-tu, Je ne voudrais pas te voir pleurer alors que l’heure est au bonheur,
Tu sais,elles sont de retour, ces colombes blanches annonciatrices d’un jour meilleur !
Il te faut à nouveau aller fouler l’herbe haute et enivrante de ce printemps nouveau
et apprendre enfin à laisser fuir tes sombres pensées au fil du temps, au fil des eaux…
Alors tout prendra pour toi le goût suave des plus grands plaisirs ;
comme ce vallon profond et doux où l’on aime tant à se recueillir,
tu l’aimerais, ce souffle nouveau de l’espérance, cet appel des anges
qui éclaireront d’un soleil chaud et radieux l’univers tourmenté de tes songes…
Slim le poète.
Dédié à Philip en réponse au dernier et émouvant commentaire qu'il m'a adressé.
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