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Les timides sentinelles

le lundi 13 février 2012, à 12:51. Posté par Philip de Berg


    Dans les cœurs des faubourgs où se presse la ville,
    Tout chaviré de froid et de tristes augures,
    Sont des sentinelles, timides indociles,
    Aux regards cauteleux comme des bouffissures.

    Ces milords endormis, aux cœurs si transparents,
    Regardent au loin passer, les belles, au loin, transies,
    Tandis que s’aventurent, dans leurs fourreaux d’argent,
    Les fiacres monotones, aux parures ternies,

    Ces menuets odieux, au rythme du pavé,
    Sont des ballets sans vie, à peine ébauchés.
    Aux viles meurtrissures, mon âme est écornée,
    Et se traîne sans fin, mon cœur est piétiné.

    Sur les quais endormis, de blafardes coroles,
    Quand, au brouillard venu, distillent les langueurs,
    De ces sombres fantômes ou de ces ombres folles
    Qui, las de leur trépas, reflètent ma candeur.

    Passent les sentinelles vouées à leurs calices,
    Leurs timbales d’argent, tamarins veloutés,
    Elles n’ont dans leur chagrin, que ruses corruptrices,
    Je n’ai pas d’autres rives à vous faire traverser.

    Si vous les rencontrez au bord d’un précipice,
    Prêtes à se pardonner leurs futiles envols,
    Songez que j’ai donné, cantates délatrices,
    Un peu de mon espoir qui au loin caracole.

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commentaires ( 22 ) (Ajouter un commentaire)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 13 février 2012, à 13:21
Je vais reprendre mes immodestes habitudes à essayer de vous faire partager la tonalité de ce poème. Ici, aucun état d'âme personnel. Eloigné de ce Paris que j'aime, même en hiver, pour quelques jours, mon regard intérieur s'est promené sur la Ville, à travers le souvenir des merveilleux tableaux impressionnistes figurant la Capitale. J'y ai croisé ces ombres furtives, que savaient dépeindre nos Verlaine, Baudelaire et les autres. En vers ou en coups de pinceaux, sont figés, pour l'éternité ces sentinelles qui guettent un infini immobile. Elles étaient vous, elles étaient moi, caricatures de princes ou de mendiants, de...... J'arrête là, car ça devient un autre poème. Amitiés à toutes et à toutes. Signé : un gentil poète qui cultive sa nostalgie des temps passés.

worrell02 le lundi 13 février 2012, à 14:16
Hello Philip,
"..un gentil poète qui cultive sa nostalgie des temps passés", ou un poète cultivé qui sait faire passer sa belle nostalgie du temps d'autrefois!

Amitiés
Ivy

http://www.mespoemes.net/worrell02

domidom le lundi 13 février 2012, à 14:17
Voilà une bien jolie poésie, dommage qu'elle ne soit pas écrite en alexandrin....
Il en faudrait si peu, pour que chaque vers fasse douze pieds au lieu de treize pour la plupart, c'est vraiment dommage, toi qui adore Baudelaire, toi qui le prends toujours pour modèle, pourquoi ne fais-tu pas l'effort de nous faire un beau classique???
Amitiés....Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 13 février 2012, à 14:50
Pour DOMIE :
Pourquoi, chère Domie ?.Parce que comme toujours je manque de patience. Je n'ai même pas mis une demie-heure pour écrire ce poème. Je te dirai même plus : bien sûr que je compte le nombre de pieds. Tu sais que, rien que pour rester dans les douzes pieds d'un alexandrin ET en plus de ça, trouver la rime qui va aller avec le précédent, comme tu le dis, il faut beaucoup d'EFFORTS. Alors je me dis, mis à part les ami(e)s poètes qui, quasiment d'instinct, voient bien que je ne me cadre pas dans les règles, que "Bah, l'ensemble fait joli, et que les autres "n'y verront que du feu". Ce n'est pas manquer de respect aux autres en disant cela, bien sûr, mais à la base, il n'y a pas de miracle, on ne fait rien de bien en alignant 24 vers, avec idées et rimes....en 20 minutes chrono.
Et puis aussi, je fais tout le contraire de tout ce qu'il faut faire, dans une démarche poétique. Alors que j'ai tout mon temps, je m'impose des plannings subookés. Par exemple, il est déjà 14 h 46 et je n'ai pas encore repris la lecture de mon bouquin passionnant sur la critique des premiers poèmes de Verlaine. Et dans une heure et demie mes petits enfants reviennent de l'école. Alors, vite, vite, pas question - Alibi ! - de repasser du temps à essayer de mettre douze pieds à mes vers qui en font treize !
Ceci étant chère Domie, fait comme Alto qui t'a mené la vie dure, ne ménage pas ton ami Philippe pour lui dire qu'il faut qu'il passe à l'étape suivante s'il veut jouer.....dans la cour des grands. Je ne le prendrais jamais mal, tu sais. Gros bisous ma domie. Philip
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 13 février 2012, à 15:04
Pour Ivy : la nostalgie des temps passées est mon amie de toujours : elle me permet parfois de ne pas penser au temps présent. Gros bisous from the 19th Century ! Phil
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

worrell02 le lundi 13 février 2012, à 17:41
Ah, the 19th Century Philip, la belle époque, dancing and romancing !
Bisous
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02

imparfaitlibre le lundi 13 février 2012, à 20:27
--tu aimes cette nostalgie de Paris mon cher Philip et cela se ressent à travers tes poémes.
J'aime découvrir cette ville en te lisant plus qu'en y allant car tu sais nous mener dans les recoins les plus intimes de notre capitale.
Merci pour tout ça et à demain sur l'un de ses quais de gare.
Bises sincères cher Philip.--
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre

elpatio(christophe) le lundi 13 février 2012, à 20:33
Cher Philippe, les femmes ont toujours des exigences ! ))
En tout cas , que ce soit avec 12 ou 13 pieds , j'aime beaucoup te lire et en même temps j'apprend des mots de français ... ! donc c'est le pied ))) ! avec toutes mes amitiés.

domidom le lundi 13 février 2012, à 20:44
Ton poème est très joli, il te suffirait de mettre les césures à 6, et le reste s'en suivrait, on ne passe pas plus de temps à faire les choses bien qu'à les écorcher, poster que deux poèmes par jour est une obligation, mais en poster un tous les deux jours, voir plus, est un choix acceptable et accepter...
Je me suis permise de te faire cette petite réflexion, parce que le fond de ce poème est très joli, et en le lisant, malgré moi, je le voyais en classique, puisque tu adores autant tous ces grands maîtres de la poésie, puisque tu es bardé de diplôme, met ton savoir et un peu plus de temps pour construire un poème, et montre moi un beau classique signé Philip...
Je t'embrasse....Domie...

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 13 février 2012, à 20:52
Pour Imparfait : impatient d'être à demain. Bon, pour ce qui est des quais de gare, snif ! On sera tout triste de te dire au revoir.....jusqu'à la prochaine fois ! Oui, je suis un amoureux de Paris, j'en connais (presque) tous les recoins, avec leurs différentes ambiances. Gros bisous "virtuels" en attendant un bisou sonore sur tes joues (en fait, il y aura 2 bisous, parce qu'il y en aura un pour ta mam). A demain. Philip
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Agrippa (Thierry Demercastel) le lundi 13 février 2012, à 20:52
Peu importe les alexandrins, c’est comme cela que le poète est le plus beau, quand il nous livre son cœur et son âme sans compter. La poésie est une musique rien d’autre qu’une musique, pour ceux qui savent la dire et l’écouter.

http://www.mespoemes.net/cauria

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 13 février 2012, à 21:07
Pour DOMIE :
Tu as tout à fait raison. Tiens puisqu'il faut bien s'y mettre un jour (j'allais dire "mettre les mains dans le cambouis" mais ce n'est pas spécialement poétique !!!) je vais prendre le temps de retravailler ce poème, en le mettant en classique. Pour le "bardé de diplômes", laisse tomber, veux tu, ça ne m'a pas rendu plus intelligent, en témoigne quelque c.....ries que j'ai fait récemment.
Bon, je vais lancer ci-dessous un petit message aux amis qu'ils ne prennent pas ma chère Domie pour une abominable tortionnaire du petit poète (RIRES) Gros bisous Domie.

A TOUS LES AUTRES AMI(E) : oui, le poème reste un impression d'ensemble, un tout que le lecteur peut ou pas ressentir.
C'est moi qui ai demandé à Domie de ne pas m'épargner, d'autant qu'elle connait mon admiration pour les grands poètes de notre temps. A puis quelque part, ce sera rendre un hommage au poète Alto, qui n'a pas ménagé son temps pour que des poètes du site, comme Domie écrivent de belles choses, dans les règles de l'orfèvrerie poétique. Que les efforts d'Alto ne restent pas vains; c'est ce que l'on appelle la transmission.
Amitiés à tous. Philip
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

domidom le lundi 13 février 2012, à 21:41
Trop c'est trop mon ami, tu vas me faire passer pour un tyran, et puis, laissons Alto dormir en paix et que Dieu le protège....
Si je me permet de te torturer, c'est uniquement parce que tu es mon ami, et que tu l'a bien mérité....
C'est surtout l'amour du classique qui me titille, ce joli poème, en rien de temps, tu peux me faire un beau classique, je te surveille, à la moindre erreur, je te tape sur les doigts...
A bientôt....Bisous....
Domie...
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lilorev le lundi 13 février 2012, à 22:42
Cher Philip,
Très beau poème dans lequel j'ai pris plaisir à ma balader. Merci pour cette évocation qui m’a permis de découvrir le Paris d’autrefois. Bisous. Lilo


Plus sérieusement Domie a raison, puisque tu en as la capacité tu devrais le faire, surtout pour un poème comme celui ci qui s'y prête à merveille. Alors moi aussi j'attends de relire la prochaine version. Bisous.Lilo

larose le mardi 14 février 2012, à 09:55
Bonjour Philip!!!
Rien n'est plus beau que de laisser son coeur sur sa page, ses mots d'or pour embaumer les âmes, de pouvoir saisir l'instant magique pour laisser ses plus belles impreintes en semant les plus belles fleurs de son coeur!!!! Merci pour ce beau partage
Bonne journée à toi
Bises

lesprosesdeslim le mercredi 15 février 2012, à 10:09
Cher Philip,
"Jadis déjà! Combien pourtant je me rappelle!...
Mon pauvre enfant, ta voix dans le bois de Boulogne!..."(Paul Verlaine).
Toi qui es toujours épris de jolis mots, admire, comme tu sais le faire, la succession de ces magnifiques adverbes (au nombre de quatre ) qui précèdent le verbe, éminemment beau se rappeler et auquel ils impriment une connotation particulièrement belle à cette phrase de Verlaine, si forte et si douce et d'une légèreté époustouflante!
C'est un peu dans cet état d'esprit que j'ai été quand j'ai lu ton beau poème car tu possèdes encore l'amour de tout ce qui est révolu... Tu as également cet art de remettre au goût du jour et, de surcroît, sous la forme d'un joli poème, ces instants passés marqués par tant d'émotions, tant de belles visions de ce Paris ancien vénéré par tant d'artistes peintres, de poètes et d'écrivains. Rassure toi mon cher ami, tant qu'il existe des poètes comme toi qui s'attèleront à veiller sur de pareilles richesses passées, je dois t'avouer que quelque part Paris n'a réellement pas perdu les magnifiques sentinelles sans âge qui ont toujours veillé à ce qu' elle demeure à jamais l'inamovible retraite de tous les artistes. Merci pour ce partage. Ton ami .Slim

lesprosesdeslim le mercredi 15 février 2012, à 10:19
je m'excuse cher Philip, il fallait lire:
...qui précèdent le verbe, éminemment beau , se rappeler auquel ils impriment une connotation particulièrement belle et émouvante. Cette phrase de Verlaine, si forte et si douce, est d'une légèreté époustouflante! Amitiés. Slim

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 15 février 2012, à 11:59
Cher Slim,
Merci de ton commentaire qui me permet de prendre la mesure de ton attachement à ces merveilleux poètes français du XIX° siècle et à ce Paris, bien lointain pour toi, si cher à mon coeur. Oui, je rêve, je dirai même je revis dans cette fin du XIXème siècle (y compris celui de l'Angleterre victorienne, car j'ai une culture anglo-saxonne) pour lequel je n'ai - quelle chance - aucune difficulté à visualiser les lieux, les ambiances et les gens, tellement j'aime cette période. Quand à Verlaine, Rimbaud et Baudelaire, ces trois poètes me fascinent tant que je ne lasse pas d'apprendre les moindres anecdotes de leur vie. Au rang de mes passions, elles sont multiples, je suis un véritable ogre de Savoir, je m'intéresse à (presque) tout : astro-physique, histoire, philosophie, langues étrangères, hindouisme, bouddhisme, religions mono-théistes, etc.... Et de me lamenter : tant de choses à faire en si peu de temps qu'est une vie. Tout ça pour te dire que je te parlerai un jour de mon intérêt.....pour la médecine. Depuis quatre ans, avec le sérieux d'un étudiant, j'essaie d'étudier tout cela. Après les bases de l'anatomie, je viens de terminer le domaine de l'histologie (les tissus biologiques me fascinent) et je suis sur la neuro-anatomie (tout aussi fascinante). Je ne fais pas les choses dans l'ordre, ce n'est pas pour en faire mon métier, et SURTOUT pas pour m'auto-diagnostiquer. Mais par contre j'ai énormément de mal à assimiler les biologie cellulaire qui est à la base. Mais comme j'ai une culture littéraire et de sciences sociales, la bio est trop scientifique pour moi. Par contre, j'apprends toutes ces choses sérieusement, j'achète les questionnaires qu'utilisent les étudiants en PCEM etc..., je fais des fiches.... Voilà cher docteur, une de mes passions. Je voulais t'en parler depuis longtemps. On ne peut aimer l'Homme si l'on ne sait comment il est bâti. A bientôt mon ami. Philip
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

lesprosesdeslim le vendredi 17 février 2012, à 12:34
Cher ami Philip,
avec autant de pôles d'attraction, je comprends que tu n'aies guère le temps de te consacrer uniquement à la poésie. Encore heureux que tu en prennes pour m'envoyer des commentaires aussi agréables que touchants.
Quant au vaste domaine de la médecine, je t'avoue que je reste particulièrement admiratif pour l'intérêt que tu sembles porter à cette discipline pourtant extrêmement compliquée et surtout accaparente! Mais, comme disait un poète :"Puisque vivre n'a pu me saouler de la vie et qu'on ne meurt pas d'une grande douleur..." ta soif de la vie est telle que tu sembles vouloir à tout prix goûter un peu à tout et bizarrement ce sentiment virtuel de plénitude de l'âme et de l'esprit n'a pas été en mesure de nourrir à satiété ta grande curiosité dévorante. Cela, évidemment, va à ton honneur et doit, au regard de tous ceux que tu aimes et qui t'aiment, davantage te grandir et tant mieux pour toi Philip qui mérites bien tous ces honorables attributs car dans ce monde moderne où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être heureux je pense que tu es suffisamment bien amarré!...Amicalement. Slim.

marcek le dimanche 26 février 2012, à 10:22
Cher Philip, je passe un moment à te lire et à participer à l'atmosphère que tu as su recréer , d'un Paris suranné, mais ô combien attachant.
Je suis en train de lire plusieurs livres sur le Second Empire
, période qui fut pour Paris un tournant décisif dans la modernisation...Bien attachantes aussi les figures de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie, grande dame pleine de coeur qui fit beaucoup pour le "social".
Ce que j'aime dans les villes que je traverse, c'est aller à la recherche de son passé qui éclaire bien souvent son présent.
Pour ce qui est de la forme, je rejoins les commentaires de Domie, et regrette que tu n'aies pas davanatage travaillé la forme pour en faire un parfait classique !
Néanmoins, l'émotion de la lecture est bien présente comme le fait remarquer Agrippa

Bizz

http://www.mespoemes.net/marcek

ophelie 4948 le mercredi 15 janvier 2014, à 05:28
Bonjour philip.
Je decouvre votre poeme et meme s il n est pzs en alexandrin j en entend tout de meme lz musique... j aurai aime marcher dans les pas de Rimbaud beaudelaire verlaine et hugo...j aime votre poesie. Merci. Amitie. Ophelie

scorpionne le vendredi 18 mai 2018, à 13:09
Bonjour Philip,
Belle observation ! A travers ton poème, je les ai "vues", ces timides sentinelles. Merci pour ce partage.
Belle journée à toi.
Bien amicalement,
Jocelyne

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