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Je voudrais pouvoir dire à la force de l'âge
Que d'en avoir vécu l'ordinaire des jours
Me laisserait au cœur, en guise d'héritage,
Une idée d'avenir en ultime recours.
Il en serait pour moi du temps que l'on égrène
Comme il est d'un zéphyr, ascendant, qui s'élève
Et viendrait alléger les pesanteurs malsaines
Du passé dissolvant le futur qu'il révèle.
Las, je reste captif en mes heures errantes
Des rêves incertains que l'on fait sans y croire
Et de désirs soudains marbrés d'incohérence
Qui savent peu à peu asservir ma mémoire.
Je voudrais pouvoir dire en quel monde je pleure,
Connaître ainsi la terre où je me suis perdu,
En espérer des peines, secrètes, qu'elles affleurent
Pour dissiper enfin leurs relents méconnus
Aux ondes apaisées que je veux à demeure….
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