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Nous t’avons conçue,
Puis tu es venue,
Petite ingénue...
Là, il a voulu!
Il a bien voulu...
Te voir en ce berceau et si belle endormie,
Que vraiment je n’ose murmurer mon envie
De crier mon émoi, d’être enfin ton papa
Petit être joli, mon éternel combat.
Il a bien voulu…
Un jour à la radio, on chantait « chanson douce ».
Tu étais dans mes bras tout en suçant ton pouce,
Les yeux rivés sur moi tu me dévisageais,
Étonnée, tu l’étais quand mes lèvres chantaient.
Il a bien voulu…
C’était au mois de juin, habillée tout de blanc.
Sous ton petit bonnet serré par un ruban,
Tu attendais ce jour d’aller à cette messe,
A ses fonts baptismaux remplient de leurs promesses.
Il a bien voulu…
Nous laisser tout l’été pour que tu sois bronzée.
Pouvoir te cajoler ainsi que te couver.
En grandissant tout doux en ce début d’automne,
J’attendais impatient que papa, tu marmonnes.
Il a bien voulu…
Me laisser quelques jours pour t’offrir des cadeaux,
En cette fin d’année et parer ton berceau.
Noël et son jésus décoraient les vitrines,
Ta couronne déjà était faite d’épines.
Et puis,
Il n’a plus voulu…
Qu’en ce jour de liesse, je puisse tant t’aimer,
Debout sur mes genoux à vouloir te gâter.
Et puis te chantonner petit papa Noël,
Qui ce jour là pour toi, descendait de son ciel.
Il n’a plus voulu…
Te voir t’épanouir auprès de moi ma fille,
Pour qu'un jour tu puisses fonder une famille,
Avec tous pleins d’enfants qui aujourd’hui diraient
Bonjour, bonjour Papy, ce qui me gâterait.
Quand à moi, j'ai voulu vous dire...!
Pourquoi tout décider si c’est pour nous peiner… !
Je vous en ai voulu à vous abominer.
Mais je pense et je crois que vous êtes trop vieux,
Pour régir ce monde, vous qui êtes aux cieux
(A ma fille)
(N°47) André le 11 Mai 2009
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