|
Mirage d'enfance...
Souviens-toi ! j'me souviens ! Cela n'est pas si loin
Quand ma main dans ta main, tendrement enlacée,
nous allions côte-à-côte avec pour seul témoin,
notre nouvel amour aux teintes nuancées.
Tu m'aimais, je t'aimais, c'était notre avenir
qui gravait en nos cœurs tous ces mots merveilleux,
que nos yeux extasiés, pour notre devenir,
remplissaient nos pensées de leurs vœux audacieux...
A force de bâtir nos rêves de futurs,
en merveilleux château flanqué de belles tours,
je me voyais déjà, chevalier en armure
et toi damoiselle dans tes plus beaux atours.
J'envisageais tournoi pour y ravir ton cœur.
De mon fer de lance je joutais les envieux
pour rester ton servant et unique vainqueur.
Car cette joute là, me rendait ambitieux.
L'ambition n'est pas tout, si elle est excessive !
Vouloir trop embrasser ne peut se satisfaire
de mille petits riens, en seule alternative,
pour forger un amour à ne pouvoir défaire.
Et ces tous petits riens n'ont su trouver la trame
d'agencer notre vie en divin canevas,
ce tableau sans destin et plein de vague à l'âme,
sombra au fil des ans qui sonnèrent son glas.
Le temps en s'effeuillant l'amour s'en est allé,
ses plus belles couleurs doucement ont jauni
et les mots de passion, se sont acidulés,
dans nos deux cœurs d'enfants ils ont été bannis...
Ce mirage d'antan effleure mes pensées
et sans qu'il est vécu j'aime son souvenir...
Aujourd'hui j'imagine, à me le ressasser,
qu'il aurait pu un jour être mon avenir...
(N°70) André le 28 juillet 2010
|