|
Le savez-vous ? La vie vous tue à petit feu.
C’est enfant qu’on est vivant, à l’ère des questions naïves et innocentes, où l’on veut savoir pour quoi le vent chante, et comment les arbres sous lui plient.
Puis vient le temps du laminoir, où l’on apprend à penser sans questions, à répéter, ânonner les recettes toutes prêtes, être un enfant gentil car obéissant, discipliné, diligent, ruisseau docile qui ne court hors de son lit. Et l’adulte se dessine en sa camisole du lendemain.
Moribond ambulant qui s’applique à durer, le temps de procréer le zombie successeur, fallait-il pour cela toute cette évolution depuis l’amibe primitive à ce sommet de la création ? Fallait-il vraiment une quelconque intelligence pour préméditer un tel néant ?
L’illusion est salvatrice, les acteurs s’habillent et montent sur la scène jouer les rôles rêvés et, schizophrènes amnésiques, fondent leurs vies en son simulacre, leurs costumes à leurs peaux adhérants.
Puis le repos, le déshabillage… quand les molécules se défont pour alimenter les fleurs.
Eupalinos
http://www.mespoemes.net/sites/index.php?login=willcoyotte
|