Les nuages de vers

 

Mes poèmes - Moi

 

Que serais-je sans toi

le mardi 06 mars 2012, à 12:01. Posté par Oliverjane 1950 (auteur : Louis ARAGON ( 1897-1982 ))


Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

J'ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon
J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines
Comme au passant qui chante on reprend sa chanson
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson.


Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne
Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne
Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes
N'est-ce pas un sanglot que la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste
Et pourtant je vous dis que le bonheur existe
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.
Terre, terre, voici ses rades inconnues.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement

Je sais je sais Tout est à faire
Dans ce siècle où la mort campait
Et va voir dans la stratosphère

Si c'est la paix


Éteint ici là-bas qui couve
Le feu court on voit bien comment
Quelqu'un toujours donne à la louve

Un logement


Quelqu'un toujours quelque part rêve
Sur la table d'être le poing
Et sous le manteau de la trêve

Il fait le point


[...]

C'est la paix qui force le crime
À s'agenouiller dans l'aveu
Et qui crie avec les victimes

Cessez le feu





Louis ARAGON ( 1897-1982 )











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commentaires ( 5 ) (Ajouter un commentaire)
domidom le mardi 06 mars 2012, à 15:28
Toujours sous le charme de cette merveilleuse poésie, il ne manque que la musique, mais il suffit de fermer les yeux, de se concentrer, pour vivre un moment de douceur infini....
Amitiés....Domie...

larose le mardi 06 mars 2012, à 17:10
Bonjour Oliver!!
Que serais-je sans tes mots d'or, que serais-je sans tes poèmes, tu as illuminé la toile avec une si belle chanson de Ferrat que mon coeur chante en dormant!!! LOL
Merci pour ce beau partage
Bonne journée à toi
Amitiés

fevrier le mardi 06 mars 2012, à 17:26
Ce texte d'ARAGON est magnifique et, touche nos cordes sensibles. Jean FERRAT, dans bien des mémoires restera inoubliable. Un grand poète. Amicalement.

lilorev le mercredi 07 mars 2012, à 22:59
Très beau poème que je découvre avec plaisir. Merci pour ce partage.
Amitiés. Lilo

elena le mardi 13 mars 2012, à 21:16
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http://www.mespoemes.net/elenaJJ'ai tant aimé Jean Ferrat que je le sens toujours près de moi ; il m'a guidé sur la route de la poésie ... accompagné d'Aragon ... MERCI OLIVER pour ces magnifiques paroles car nous n'avons plus qu'à y mettre la musique et l'on se sent bercer par cette infinie douceur qui émanait de ce poéte disparu Amitiés à Vous et Merci Encore

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